Le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a affirmé lundi que « la démocratie et le Pakistan ne vont pas ensemble ». Cette déclaration a été faite lors du point de presse hebdomadaire du ministère, en réponse à une question portant sur l’état de la démocratie dans le pays voisin, notamment au regard de l’ancien Premier ministre Imran Khan et des manifestations en cours.
Interrogé sur le possible affaiblissement des institutions démocratiques au Pakistan, Jaiswal a indiqué que l’Inde suit de près la situation, sans toutefois vouloir s’étendre davantage.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes au Pakistan. Depuis août 2023, Imran Khan est détenu dans une prison où il fait face à plusieurs chefs d’accusation, notamment pour corruption et terrorisme, depuis sa destitution à la suite d’une motion de défiance en 2022. Le parti qu’il dirige, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), réclame que les autorités autorisent la famille et les membres du parti à lui rendre visite à la prison d’Adiala, à Rawalpindi.
La semaine dernière, Imran Khan a déposé une requête devant la Haute Cour d’Islamabad, demandant l’autorisation de passer des examens médicaux à l’hôpital Shaukat Khanum. Cette demande visait à obtenir une supervision médicale mensuelle complète, conforme à son état de santé. Il a également demandé que les résultats soient communiqués à sa famille et présentés devant la cour, comme le rapportait le quotidien pakistanais The News International.
Dans cette requête, il affirme souffrir de problèmes médicaux et dénonce sa condamnation comme étant une forme de victimisation politique orchestrée par le gouvernement fédéral.
Le 3 décembre, Imran Khan a qualifié le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, de « personne mentalement instable » et l’a accusé d’avoir détruit la constitution du pays. Dans un communiqué publié sur X, l’ancien Premier ministre a déclaré : « Asim Munir est une personne mentalement malade dont la dégradation morale a totalement détruit la constitution et la loi au Pakistan. Les droits fondamentaux de tout Pakistanais ne sont plus garantis. »
Il a également dénoncé son emprisonnement et celui de son épouse sur des accusations jugées infondées, qu’il attribue aux ordres d’Asim Munir, décrivant une détention particulièrement dure : « Je suis enfermé dans une cellule en isolement complet, sans voir personne depuis quatre semaines. Je suis coupé du monde extérieur, et même les droits élémentaires prévus par le règlement de la prison me sont refusés. »
« Malgré les ordres de la Haute Cour, mes rencontres avec mes collègues politiques ont d’abord été interdites, puis ce fut au tour de mes réunions avec mes avocats et ma famille. Le harcèlement mental est une forme de torture reconnue, souvent considérée comme plus grave que la torture physique. Ma sœur Noreen Niazi a été traînée dans la rue simplement parce qu’elle revendiquait son droit légitime de me rendre visite. »