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<pL’Inde a qualifié la démocratie de « concept étranger » pour le Pakistan et a appelé Islamabad à mettre fin aux graves violations des droits humains dans les territoires qu’il occupe illégalement, où la population est en « révolte ouverte » contre l’occupation militaire, la répression, la brutalité et l’exploitation.

Réagissant aux propos de l’envoyé pakistanais lors du débat ouvert du Conseil de sécurité de l’ONU sur « L’Organisation des Nations unies : regard vers l’avenir » tenu vendredi 24 octobre 2025, le représentant permanent de l’Inde auprès de l’ONU, l’ambassadeur Parvathaneni Harish, a déclaré :

« Le peuple de Jammu-et-Cachemire exerce ses droits fondamentaux conformément aux traditions démocratiques éprouvées de l’Inde et à son cadre constitutionnel. »

« Nous savons bien que ce sont des notions étrangères au Pakistan. »

L’ambassadeur a réaffirmé que Jammu-et-Cachemire « a été, est et restera toujours » une partie intégrante et inaliénable de l’Inde. Fustigeant fermement Islamabad, M. Harish a déclaré : « Nous appelons le Pakistan à mettre fin aux graves et continues violations des droits humains dans les zones qu’il occupe illégalement, où la population est en révolte ouverte contre l’occupation militaire, la répression, la brutalité et l’exploitation illégale des ressources. »

Par ailleurs, il a souligné que l’ONU doit engager des « réformes réelles et approfondies », estimant que la structure du Conseil de sécurité, vieille de 80 ans, ne reflète plus les réalités géopolitiques actuelles. « Une architecture du Conseil obsolète, héritée de 1945, n’est pas adaptée aux défis de 2025 », a-t-il affirmé, appelant à une expansion des sièges permanents et non permanents à travers des négociations « fondées sur des délais précis et sur des textes concrets ».

M. Harish a également insisté pour que le Sud global dispose d’une voix plus forte dans les prises de décision mondiales, ajoutant que « reporter indéfiniment ces réformes fait énormément de tort à nos concitoyens, en particulier dans le Sud global ».

« Ce groupe de pays représente la grande majorité de l’humanité et fait face à des défis spécifiques, notamment en matière de développement, de climat et de financement », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une gouvernance mondiale plus démocratique et inclusive.

Soulignant l’engagement de l’Inde en faveur du multilatéralisme, il a appelé à dépasser « la vision limitée des moyens » pour bâtir une nouvelle vision de l’ONU, plus agile et capable de répondre efficacement aux enjeux globaux comme les pandémies, le terrorisme, l’instabilité économique et le changement climatique.

L’ambassadeur Harish a également pointé les défis auxquels la plus grande organisation multilatérale fait face en termes de « pertinence, légitimité, crédibilité et efficacité ».

« La coopération internationale est de plus en plus perçue comme un acte de charité et la prospérité tend à être confinée alors que l’accès aux ressources et aux technologies nécessaires à la croissance diminue. Un progrès qui ne soit pas universel n’est ni durable ni viable, ni moralement ni pratiquement. »

Il a appelé à rendre les mécanismes de l’ONU plus souples, notamment en fournissant aux missions de maintien de la paix des mandats réalistes, des ressources adéquates et un soutien technologique adapté aux nouveaux défis quotidiens auxquels elles font face.

« Les ajustements structurels au sein des différents organes de l’ONU sont les bienvenus, mais ne suffisent pas », a-t-il dit, en insistant pour que les 80 ans de l’ONU soient l’occasion d’« une réforme réelle et globale de l’ONU et de ses principaux organes ».

Il a aussi souligné la nécessité de revitaliser l’Assemblée générale, organe délibératif et décisionnel principal de l’ONU, en renforçant la coordination avec les autres organismes, notamment le Conseil de sécurité, afin de mieux concrétiser les objectifs et principes de la Charte des Nations unies.

M. Harish a mis en garde contre l’utilisation de l’ONU comme « un théâtre où se jouent des politiques divisives et des intérêts partisans », rappelant que « dans un monde fracturé et fragmenté par de multiples lignes de faille, l’ONU est le seul instrument dont nous disposons pour mobiliser nos énergies collectives au service du bien public mondial ».

Il a invoqué l’éthique civilisatrice de l’Inde, Vasudhaiva Kutumbakam (« le monde est une famille »), et appelé tous les États membres à s’unir pour donner vie à « cette vision rendant l’ONU adaptée aux enjeux de la nouvelle ère ».