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La dépendance de l’Inde aux logiciels, services cloud et plateformes de médias sociaux américains constitue une vulnérabilité économique et stratégique majeure en période de tensions géopolitiques, avertit le think tank Global Trade Research Initiative (GTRI). Washington pourrait couper l’accès aux services ou aux données, perturbant ainsi les systèmes bancaires, administratifs et de défense, tout en influençant le débat public via ces plateformes étrangères.

« L’économie et la sécurité de l’Inde reposent profondément sur les logiciels, les services cloud et les réseaux sociaux américains, ce qui crée une vulnérabilité significative en période de tensions internationales », souligne le GTRI. Pour remédier à cette situation, le gouvernement indien devrait lancer une « Mission Digital Swaraj », reposant sur un cloud souverain, un système d’exploitation national, une cybersécurité indigène et une intelligence artificielle pilotée par les données.

Selon Ajay Srivastava, fondateur de la GTRI, l’Europe développe déjà un cloud souverain et impose le Digital Markets Act. La Chine a, quant à elle, substitué les codes étrangers par des plateformes nationales dans ses administrations, son secteur de la défense et ses industries. Srivastava met en garde contre un risque majeur : l’ensemble de l’infrastructure numérique indienne pourrait être paralysé du jour au lendemain si les géants américains de la technologie décidaient de couper l’accès à Windows, Android ou aux services cloud.

Plus de 500 millions de smartphones en Inde fonctionnent sous Android de Google, exposant ainsi les communications du pays à la dépendance des décisions américaines, ajoute-t-il. Il propose un déploiement progressif de la Mission Digital Swaraj. À court terme (1 à 2 ans), l’Inde devrait rendre obligatoire l’hébergement souverain des données critiques, lancer un programme national pour un système d’exploitation et expérimenter des transitions vers Linux dans des ministères clés.

À moyen terme (3 à 5 ans), tous les systèmes gouvernementaux devraient migrer vers des logiciels indiens, tandis que des consortiums public-privé dédiés à la cybersécurité devraient être pleinement opérationnels. Enfin, à long terme (5 à 7 ans), l’Inde doit atteindre la parité en matière de cloud, remplacer les systèmes d’exploitation étrangers dans la défense et les secteurs critiques, et développer des plateformes ouvertes, compétitives à l’échelle mondiale.