La Defence Research and Development Organisation (DRDO) progresse significativement dans le développement de l’Optonic Shield, un système de défense électro-optique de pointe conçu pour assurer une alerte précoce et un suivi en temps réel des menaces aériennes, incluant missiles balistiques et drones. Cette plateforme de protection hémisphérique, pilotée par l’Instruments Research & Development Establishment (IRDE) de la DRDO, vise à renforcer la sécurité des infrastructures critiques comme les bases militaires et centres de commandement, en cohérence avec la vision indienne « Atmanirbhar Bharat » d’autonomie technologique en défense.
Au cœur de l’Optonic Shield se trouve une architecture robuste intégrant trois stations capteurs au sol ainsi qu’un Centre de Commandement et de Contrôle (CCC) centralisé, reliés par un réseau à fibre optique à haute vitesse pour un échange fluide des données. Ces stations, positionnées stratégiquement pour une couverture optimale, sont conçues pour détecter précocement et suivre en continu les cibles aériennes et missiles balistiques en provenance de zones sensibles. Dotées de capteurs optroniques multispectraux, elles exploitent une technologie électro-optique avancée offrant une surveillance hémisphérique à 360 degrés, même en conditions météorologiques difficiles.
Le sous-système de suivi des missiles, présenté dans des schémas conceptuels, combine plusieurs modules interconnectés dédiés à l’acquisition, au traitement, à la communication et à la visualisation des données. Ces composants communiquent via des interfaces optiques 10G, garantissant une performance à large bande passante et faible latence essentielle aux opérations en temps réel. L’architecture logicielle privilégie la synergie matériel-logiciel pour calculer instantanément les attributs des cibles, tels que distance, position, vitesse et trajectoire, et permet d’afficher des superpositions sur des écrans panoramiques pour une conscience situationnelle optimale des opérateurs.
Le Centre de Commandement et de Contrôle, installé dans un abri mobile sur remorque pour déploiement rapide, constitue le centre névralgique du système. Il intègre une couche Système d’Information Géographique (SIG) avec des Modèles Numériques d’Élévation (MNE) haute résolution de 30/20 mètres, accompagnés de cartographies détaillées des limites politiques, villages, villes, routes et reliefs montagneux, couvrant également les pays voisins pour une vigilance transfrontalière renforcée. L’infrastructure critique comprend des serveurs d’inférence réseau pour l’analyse des menaces par intelligence artificielle, des commutateurs de niveau entreprise, ainsi qu’un réseau de stockage SAN destiné à l’archivage des données.
Les postes opérateurs au sein du CCC permettent la gestion des stations capteurs tandis qu’un système dédié de gestion de mur vidéo fusionne les flux sensoriels avec des informations superposées dynamiques, affichant en temps réel les paramètres des cibles comme l’altitude, le cap ou le type de menace. Une unité de traitement en temps réel répond aux besoins informatiques en calculant les trajectoires balistiques et solutions d’interception à la volée. Le protocole Precision Time Protocol (PTP) assure la synchronisation réseau globale pour les flux vidéo et la chronométrie des capteurs, éliminant les écarts lors des opérations multisites.
Cette configuration intégrée cible non seulement les menaces à faible signature telles que les véhicules aériens sans pilote (UAV) et missiles de croisière, mais intègre également des contre-mesures non cinétiques comme des dispositifs laser éblouissants destinés à gêner temporairement l’optique ennemie sans dégâts collatéraux. Des liaisons satellitaires étendent en outre la portée du système, permettant une surveillance distante et une transmission de données dans des environnements dégradés. Les sources indiquent que les essais de développement progressent, avec des tests d’intégration sur le terrain prévus début 2026, en vue d’équiper des bases avancées situées le long de frontières sensibles.