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La Défense indienne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le domaine des missiles air-air avec l’amélioration significative de l’Astra MkII. La DRDO vise à porter la portée de ce missile à plus de 200 km, à la suite d’essais au sol récents qui ont démontré une trajectoire théorique de 193 km à Mach 3,5, grâce à une combustion prolongée de 160 secondes. Initialement conçu pour des interceptations à 160 km, ce missile indigène bénéficie désormais d’optimisations de son moteur-fusée bipulse, notamment pour une phase de glisse prolongée, ce qui en fait une arme redoutable face aux menaces adverses à longue portée, avec une production envisagée pour la mi-2026.

Les essais récents réalisés au banc statique du centre d’essais intégré de Chandipur ont mis en lumière l’endurance exceptionnelle du prototype Astra MkII. La combustion prolongée à 160 secondes a permis d’atteindre des vitesses supérieures à Mach 3,5. Les simulations basées sur ces données prévoient une portée maximale de 193 km, bien au-delà des 160 km prévus initialement. Ces résultats, obtenus dans des conditions optimales à haute altitude avec une traînée réduite, confirment l’efficacité de l’architecture bipulse qui combine un premier coup de boost rapide à un deuxième souffle soutenu pour optimiser la trajectoire en milieu de vol.

Une portée prolongée

Cette combustion allongée permet non seulement d’augmenter l’énergie cinétique du missile, mais aussi d’adopter une trajectoire plus élevée, dite en « lofté », qui autorise un temps de vol supplémentaire avant la phase de descente sur la cible, améliorant ainsi le potentiel létal du missile face à des appareils adverses manœuvrants.

Au cœur de cette amélioration, une légère mais précise modification du moteur-fusée à propergol solide bipulse introduit une phase de glissement sans propulsion après l’extinction, rallongeant la distance parcourue. Conçu initialement pour des cibles situées jusqu’à 160 km, le missile était calibré pour une intégration sous les ailes du Su-30MKI, selon une cinématique équilibrée. Cependant, les retours des exercices et simulations menés par l’Indian Air Force (IAF) ont souligné la nécessité d’aligner ses performances sur celles des missiles air-air à longue portée étrangers, dépassant les 200 km.

Un représentant officiel de la DRDO a déclaré : « La nouvelle phase de glisse permettra à l’Astra MkII de maintenir des vitesses supersoniques plus longtemps, transformant ainsi ces améliorations théoriques en capacités opérationnelles réelles. » Ce gain s’accompagnera d’adaptations de l’algorithme du système de guidage à onde Ku développé localement, pour autoriser le verrouillage post-lancement (LOAL) à longue distance oblique, ainsi que d’un renforcement des contre-mesures électroniques (ECCM) face aux tentatives de brouillage.

Un missile au standard international

Cette augmentation de la portée place l’Astra MkII au niveau de l’élite mondiale des missiles air-air à longue portée. Il rivalise avec le PL-15 chinois, également annoncé pour 200 km, mais avec une meilleure efficacité énergétique et une intégration plus poussée dans la flotte croissante d’appareils dotés de radars AESA en Inde. Pour l’IAF, confrontée à une réduction du nombre de ses escadrons à 29 unités d’ici 2027, ce missile renforce les chaînes de tir interconnectées, permettant notamment aux Su-30MKI de diriger des attaques coordonnées par essaims de Tejas sans devoir s’approcher à vue.

Dans un contexte tendu au niveau de la ligne de contrôle réelle (LAC), où les incursions furtives des J-20 chinois mettent à rude épreuve les temps de réaction, la propulsion sans fumée et la capacité de manœuvre à 90g de l’Astra MkII offrent un net avantage « first-look, first-kill » pour l’armée de l’air indienne.