La Force aérienne indienne a partagé mercredi une série de photographies d’archives inédites, offrant un aperçu rare des opérations aériennes menées dans l’Est du Pakistan (aujourd’hui Bangladesh) lors de la guerre indo-pakistanaise de 1971. Ces images témoignent des premières frappes de la Force aérienne indienne (IAF) sur le front occidental, à un moment clé du conflit.
Le conflit de 1971 entre l’Inde et le Pakistan a éclaté le 3 décembre, après que le Pakistan a mené des frappes aériennes préventives sur plusieurs bases indiennes, alors que la situation en Est du Pakistan s’aggravait. Cette guerre éclair de 13 jours s’est terminée le 16 décembre avec la reddition d’environ 93 000 soldats pakistanais, aboutissant à l’une des plus vastes capitulations militaires depuis la Seconde Guerre mondiale et à la création du Bangladesh en tant que nation indépendante.
« Au troisième jour de la guerre de 1971, l’IAF était partout où l’ennemi regardait — et aussi là où il ne s’y attendait pas. Une frappe sur le radar de Sakesar a aveuglé les défenses aériennes vitales occidentales du Pakistan pendant deux jours. Les avions Hunter ont déchiré Drigh Road et Karachi, détruisant les hangars de stockage. Les bombardiers Canberra ont maintenu une pression incessante, lâchant 65,3 tonnes d’armements sur quatre bases aériennes majeures », a indiqué le communiqué.
La Force aérienne a également rappelé la célèbre bataille de Longewala, qui s’est déroulée du 4 au 7 décembre 1971 dans le secteur de Longewala, au Rajasthan. Souvent considérée comme un moment décisif du conflit, une unité indienne, largement inférieure en nombre, a réussi à tenir face à une offensive blindée majeure des forces pakistanaises.
« Quatre avions Hunter ont réécrit l’histoire — anéantissant une avancée blindée ennemie avec 27 chars détruits et 10 endommagés. Jaisalmer est resté sécurisé grâce à une puissance aérienne arrivée au bon moment », a-t-on ajouté. « Sur tout le front occidental, 132 missions ont été menées, avec des An-12 et des Canberra ravageant les concentrations ennemies. À l’Est, où la Force aérienne pakistanaise (PAF) était clouée au sol, 104 sorties offensives ont ouvert la voie à l’avance rapide de l’Armée. »
Le communiqué souligne les batailles aériennes clés et les frappes stratégiques qui ont déterminé l’issue du conflit. Le 6 décembre 1971, l’IAF a de nouveau porté un coup dur en lançant 22 missions de contre-air visant plusieurs bases de la PAF.
Selon la Force aérienne indienne, les Hunter ont également ciblé les réservoirs pétroliers stratégiques d’Attock, infligeant un coup important aux réserves de carburant pakistanaises. Le texte évoque un « moment de fierté » au Rajasthan où l’avion indigène HF-24 Marut a réalisé une rare interception d’un Sabre, qualifiée de « jalon inoubliable dans l’aviation indienne ».
Avec la PAF « largement repoussée à l’Ouest et absente à l’Est », l’IAF a rapidement recentré ses opérations sur l’appui aux combats au sol. Plus de 150 sorties ont été effectuées au Sindh et 93 dans le théâtre oriental, tandis que 44 missions de défense aérienne ont assuré la protection des troupes progressant dans le secteur de Samba. « La PAF est restée à l’écart — la supériorité aérienne était désormais acquise », a noté l’IAF, qualifiant la campagne de « équilibrée, rapide et implacable ».
La force a également souligné un tournant tactique le 8 décembre, avec une montée en altitude des chasseurs destinée à attirer la PAF dans un engagement que l’ennemi a cependant « largement évité ». Malgré cela, l’IAF a poursuivi ses frappes sur Murid et Chaklala, infligeant de nouveau des dégâts significatifs à la raffinerie d’Attock.
À l’Est, l’IAF affirmait que « le ciel lui appartenait entièrement », avec 55 sorties visant les positions ennemies au sol et des missions de reconnaissance facilitant l’avance accélérée de l’armée. Sur le front occidental, 118 sorties d’opérations Air-Sol ont été réalisées, ciblant notamment Chhamb, où les forces pakistanaises se regroupaient dans la région de Munawwar Tawi, ainsi que le saillant de Shakargarh et les zones entre Dera Baba Nanak et Fort Abbas.
Les opérations se sont poursuivies même de nuit, les bombardiers Canberra et les avions An-12 « illuminant le ciel nocturne », conclut la Force aérienne indienne.