La France entend conforter sa position de leader en aviation de combat, juste derrière les États-Unis, en consacrant d’importants budgets au programme européen Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) et au Rafale. Ces investissements massifs sont planifiés sur la période 2023-2035.
La montée en puissance du programme SCAF, piloté conjointement avec l’Allemagne et l’Espagne, se traduit déjà par une enveloppe financière significative dans le budget du ministère des Armées. Sur la période 2023-2026, les crédits de paiement alloués à ce programme, qui englobe avions de combat, drones, armements et cloud militaire, s’élèvent à 1,36 milliard d’euros. Au-delà de 2026, près de 300 millions d’euros supplémentaires sont prévus, portant à 1,65 milliard d’euros le total déjà budgété au titre du SCAF.
Le contrat de phase 1B du SCAF, signé en décembre 2022 et d’une valeur de plus de 3 milliards d’euros répartis équitablement entre la France, l’Allemagne et l’Espagne, couvre une durée d’environ 36 mois. Cette étape vise le développement d’un démonstrateur technologique intégrant des capacités innovantes destinées à façonner l’aviation de combat future. Pour 2024, les investissements français se concentreront notamment sur les centres de direction technique de la Direction Générale de l’Armement (DGA) et sur le soutien national au démonstrateur.
Tandis que le programme SCAF n’est pas attendu avant 2045, la France poursuit parallèlement des investissements massifs dans le Rafale, avec 6,4 milliards d’euros dédiés à la période 2023-2026, dont 128 millions pour le drone de combat UCAV nEUROn, récemment remis sur les rails dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030. Au-delà de 2026, 5,36 milliards d’euros supplémentaires sont déjà inscrits, ce qui porte le total à 11,76 milliards d’euros. Ces fonds bénéficieront essentiellement à Dassault Aviation, maître d’œuvre du Rafale, qui les redistribuera à près de 400 entreprises partenaires, parmi lesquelles Thales et Safran. Ces chiffres tiennent compte de l’impact de l’inflation.
Une part importante de ces crédits sera consacrée au développement du Rafale F4, dont le standard 4.2 verra sa qualification retardée d’un an, passant de 2024 à 2025. Cette version améliorée permettra de faire face à l’évolution des menaces dans des environnements plus contestés, avec des capacités renforcées de combat collaboratif connecté. Le ministère a également commencé à renforcer le budget du futur Rafale F5, à hauteur de 211,9 millions d’euros, en poursuivant notamment les travaux sur le radar RBE2 XG et les études de réduction des risques en 2024. Cependant, la majeure partie des crédits financeront la livraison de nouveaux Rafale, avec 13 appareils attendus en 2023 et en 2024, totalisant 8,5 milliards d’euros, dont 3,7 milliards sur la période 2023-2026.
Par ailleurs, des négociations sont en cours entre le ministère des Armées et Dassault Aviation pour une nouvelle commande de 42 Rafale destinés à l’Armée de l’air, dont l’annonce est attendue avant la fin de l’année. La future Loi de Programmation Militaire (LPM) prévoit une flotte Rafale regroupant versions aériennes et navales portée à 178 appareils d’ici 2030, puis à 225 unités à l’horizon 2035.