Dans le cadre de ses récentes frappes aériennes contre l’Iran, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé avoir déployé pour la première fois en combat ses nouveaux drones kamikazes à bas coût, marquant ainsi une première utilisation opérationnelle de ces systèmes d’armes.
Samedi après-midi, CENTCOM a annoncé le lancement de ses drones LUCAS (Low-cost Unmanned Combat Attack System) dans le cadre d’une salve d’attaques étendue contre des cibles en Iran. Si les détails sur ces opérations restent rares, avec des déclarations limitées émanant de la Maison-Blanche et des forces armées, CENTCOM a cependant confirmé le succès du déploiement des drones LUCAS lors de l’opération baptisée Epic Fury.
« Les premières heures de l’opération ont inclus des munitions de précision lancées depuis les airs, la terre et la mer. De plus, la Task Force Scorpion Strike de CENTCOM a utilisé pour la première fois en combat des drones d’attaque à sens unique à bas coût », a indiqué CENTCOM dans un communiqué.
Au-delà de leur mise en service opérationnelle, l’utilisation des drones LUCAS est d’autant plus notable que leur conception s’inspire directement du drone d’attaque iranien Shahed-136, un système unidirectionnel largement utilisé par l’Iran.

Les dégâts causés en Iran restent difficiles à évaluer précisément, tandis que les frappes américano-israéliennes contre des villes et sites militaires iraniens se poursuivent. Le Croissant-Rouge iranien a rapporté qu’au moins 200 personnes auraient été tuées en Iran. Par ailleurs, plusieurs pays du Golfe ont été touchés par des munitions iraniennes et des bases américaines ont fait l’objet d’attaques en représailles. CENTCOM a souligné qu’aucun soldat américain n’avait été blessé et que les dégâts matériels sur les bases étaient limités.
Le mode d’emploi exact des drones LUCAS dans cette opération reste encore inconnu, selon Samuel Bendett, chercheur au Center for a New American Security, expert des drones et des systèmes militaires autonomes. Il note néanmoins que ces drones ainsi que les Shahed ont été utilisés au cours des derniers jours.
« Les drones LUCAS employés lors de cet engagement sont beaucoup moins coûteux que des missiles comparables, disposent d’une portée égale ou supérieure à celle de plusieurs missiles américains, et offrent une capacité de surveillance persistante permettant de frapper la cible au moment opportun », explique-t-il.

Les États-Unis s’entraînent depuis plusieurs années à l’emploi des munitions de surveillance et attaques kamikazes, notamment encouragés par leur efficacité démontrée dans le conflit en Ukraine. L’usage croissant des drones d’attaque iraniens dans le conflit de la mer Rouge et les attaques contre des bases américaines au Moyen-Orient en 2024 ont accéléré la mise au point de systèmes américains similaires, peu coûteux et capables de frappes suicides.
Des photos publiées par le Defense Visual Information Distribution Service montrent que le drone américain peut être lancé à l’aide de roquettes ou de catapultes. En décembre dernier, la Marine américaine a d’ailleurs réussi pour la première fois un tir depuis un navire dans le golfe Persique. La Task Force Scorpion Strike a été mise en place fin 2023 pour accélérer le développement et le déploiement de ces drones d’attaque.
Malgré leur faible coût, ces drones s’avèrent très efficaces et peuvent parcourir de grandes distances. Le modèle Shahed est capable d’effectuer plusieurs centaines de kilomètres, une portée similaire semble attribuée au drone LUCAS. « Ils coûtent bien moins cher que le lancement d’un missile comparable », conclut Samuel Bendett.