La première des cinq frégates de défense et d’intervention (FDI) destinées à la Marine nationale française, la frégate Amiral Ronarc’h, a quitté Lorient, où elle avait été mise à l’eau il y a près de trois ans, pour rejoindre son port base à Brest. C’est ce qu’a annoncé l’Agence française de l’armement (DGA) dans un communiqué.
Si le calendrier initial du programme FDI, lancé en 2017, avait été respecté, cette première frégate aurait dû être livrée à la Marine nationale en 2023. Un objectif qui pouvait sembler ambitieux au regard des défis liés à la conception de ce nouveau type de frégate. Par la suite, la crise sanitaire de 2020 et les difficultés d’approvisionnement, notamment en composants électroniques, ont compliqué la mission de Naval Group.
Malgré un épisode de sabotage survenu en mai 2023 — plusieurs dizaines de câbles ayant été coupés volontairement durant la construction — la frégate Amiral Ronarc’h a pu entamer ses essais en mer en octobre 2024. Quatre campagnes maritime ont été nécessaires afin de valider l’ensemble de ses systèmes et d’apporter, si besoin, les ajustements finals avant sa réception par la Marine nationale.
Avant son entrée en service prévue pour 2026, la frégate devra effectuer un déploiement de longue durée (DLD) destiné à tester ses capacités opérationnelles dans un contexte réel.
Les premiers résultats très prometteurs des essais en mer de l’Amiral Ronarc’h sont particulièrement encourageants. « La FDI a été conçue il y a une dizaine d’années dans un contexte géopolitique très différent de celui d’aujourd’hui », a souligné l’amiral Vaujour lors d’une audition parlementaire en mai dernier. Il a suggéré qu’un total de cinq unités ne serait pas excessif au vu des besoins actuels.
Les deux frégates suivantes de la série FDI, Amiral Louzeau et Amiral Castex, sont attendues respectivement en 2027 et 2028. Ces trois premières unités s’inscrivent dans le cadre de la prochaine Loi de programmation militaire 2024-2030, rappelle la DGA. Elles seront suivies par les frégates Amiral Nomy et Amiral Cabanier.
Par ailleurs, Naval Group poursuit également la livraison de navires FDI à la Marine grecque, avec les frégates Kimon, Nearchos et Formion, et un quatrième navire pourrait être commandé si Athènes confirme ses intentions.
Pour rappel, ces frégates de défense et d’intervention présentent un déplacement de 4 500 tonnes pour une longueur de 122 mètres. Elles sont dotées du système de combat SETIS 3.0, ainsi que du radar multifonction AESA Sea Fire 500, d’un capteur optronique Paseo XLR et de plusieurs autres équipements regroupés dans le PSIM (Panoramic Sensors and Intelligence Module).
Leur acoustique repose sur deux sonars : un sonar de coque KingKlip Mk2 et un sonar remorqué CAPTAS-4. Pour la défense électronique, elles utilisent le système SENTINEL et bénéficient du système intégré de communications navales Aquilon. L’architecture numérique innovante de ces frégates leur permet d’évoluer avec les progrès technologiques et les exigences des missions.
Les navires destinés à la Marine nationale sont équipés de lanceurs verticaux Sylver A50 pour missiles sol-air Aster 15 et Aster 30, d’une pièce de 76 mm, de canons télé-opérés de 20 mm, de torpilles MU-90 et de missiles antinavires Exocet. Ils peuvent aussi embarquer un hélicoptère ainsi que des drones aériens.