La Norvège a choisi le design de la frégate Type 26 de BAE Systems comme base pour son futur programme de frégates, une décision qui déterminera la configuration de la Marine royale norvégienne pour les décennies à venir.
Ce choix reflète à la fois l’urgence pour Oslo de restaurer ses capacités perdues et sa volonté d’acquérir une plateforme moderne de lutte anti-sous-marine capable d’opérer en parfaite coordination avec ses alliés de l’OTAN.
Le programme vise à remplacer les frégates de la classe Fridtjof Nansen, dont la flotte a été réduite depuis la perte du HNoMS Helge Ingstad en 2018. Avec seulement quatre navires encore en service, la Norvège rencontre des difficultés pour honorer ses engagements dans le Grand Nord et dans l’ensemble de l’Atlantique Nord.
Ces zones maritimes restent stratégiquement essentielles, notamment en raison des opérations des sous-marins russes depuis la péninsule de Kola vers les mers de Norvège et de Barents, exerçant une pression constante sur le flanc nord de l’OTAN. Les nouvelles frégates devraient constituer la colonne vertébrale de la capacité norvégienne à surveiller, dissuader et, si nécessaire, contrer les activités sous-marines dans l’une des régions maritimes les plus disputées au monde.
La Type 26 est conçue dès sa genèse comme un navire de lutte anti-sous-marine de classe mondiale. Son silence acoustique, ses capteurs avancés et sa flexibilité opérationnelle la rendent particulièrement adaptée aux conditions dans lesquelles la Norvège évolue. Avec un déplacement d’environ 6 000 tonnes, elle offre un compromis optimal entre endurance, discrétion et potentiel d’évolution. La grande baie mission du navire et son architecture adaptable garantissent également l’intégration future de technologies émergentes, telles que les systèmes sans équipage et les armes à énergie dirigée.
La décision norvégienne s’inscrit dans une adoption internationale croissante de la Type 26. La Royal Navy construit huit exemplaires sur la Clyde, tandis que la Royal Australian Navy a commandé neuf unités dans le cadre du programme Hunter. Le Canada prévoit de construire quinze frégates dans le cadre du projet Canadian Surface Combatant. La participation de la Norvège crée désormais une communauté transatlantique d’opérateurs autour d’une plateforme commune, une rareté dans les acquisitions navales modernes.
Les avantages de cette approche partagée sont multiples. La standardisation des formations, de la logistique et du soutien permet de réduire les coûts pour l’ensemble des utilisateurs. Plus encore, ces navires seront capables d’opérer conjointement au sein des groupes de combat de l’OTAN avec un niveau d’interopérabilité sans précédent. Dans un contexte où les menaces sous-marines demeurent un défi majeur pour l’alliance, une flotte multinationale de frégates avancées, spécifiquement conçues pour la lutte anti-sous-marine, constitue un renforcement significatif de la défense collective.
Pour la Norvège, ce choix comporte également des enjeux industriels de premier plan. BAE Systems a déjà mis en place une chaîne d’approvisionnement complexe à travers le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada. Oslo devrait toutefois garantir une participation industrielle significative de la Norvège, tant dans la construction que dans le soutien à long terme.
Des opportunités sont attendues dans des domaines tels que les systèmes de combat, les capteurs et les équipements de guerre électronique. Cette implication nationale est une priorité politique pour le gouvernement norvégien, qui considère l’accès industriel comme un pilier de la sécurité nationale.