Au-delà de la question du tonnage des navires, qui refait surface à l’image des projets de croiseurs en Italie et du plan américain visant à construire une flotte de cuirassés de 30 000 à 40 000 tonnes, la question de leur armement semble aujourd’hui incontestable.

La Marine française, par exemple, prévoit de doubler le nombre de systèmes de lancement vertical Sylver A50 sur ses frégates de défense et d’intervention (FDI), passant de seize à trente-deux lanceurs.

« Les contraintes budgétaires nous ont initialement empêchés d’équiper les frégates FDI de trente-deux lanceurs, limitant ce nombre à seize. Cependant, nous avions anticipé cette évolution en réservant de l’espace pour l’installation future de nouvelles cellules », a expliqué l’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine nationale, lors d’une audition récente au Sénat. « Jusqu’à présent, aucun navire de la Marine n’a été à court de munitions en opération, ce qui est positif », a-t-il ajouté.

Cependant, certaines marines n’ont pas attendu cette tendance actuelle pour acquérir des bâtiments massivement armés. En Corée du Sud, les destroyers de la classe Sejong sont dotés de 128 cellules de lancement vertical permettant de tirer des missiles surface-air SM-2 Block IIIB/IV, des missiles de croisière Hyunmoo-3 ainsi que des torpilles anti-sous-marines Hong Sang Eo. Les destroyers américains de la classe Arleigh Burke disposent de 90 cellules, tandis que la marine chinoise équipe ses destroyers Type 055 de 112 cellules.

L’Allemagne ambitionne de se rapprocher de ce standard avec huit frégates de défense aérienne F127 destinées à équiper la Deutsche Marine dans les prochaines années.

Peu de détails ont filtré sur ces futurs bâtiments développés par TKMS et NVL. On sait cependant qu’ils seront équipés du système de combat naval AEGIS de Lockheed Martin, que leur capacité de détection intégrera en partie le radar SPY-6(V)1 de Raytheon, et qu’ils seront armés de missiles sol-air SM-2 Block IIIC ainsi que SM-6 Block I. Leur conception reste encore en cours de finalisation.

La future frégate F127 devrait afficher un déplacement autour de 10 000 tonnes. Initialement, elle devait être dotée de 64 cellules de lancement vertical Mk41, réparties en deux groupes de 32 lanceurs.

Cependant, selon le site spécialisé allemand Hartpunkt, un plan est en cours pour augmenter cette capacité de 50 %, avec l’ajout de 32 cellules supplémentaires. Cette modification aura vraisemblablement un impact sur les dimensions et donc le tonnage final de la frégate.

Vue artistique de la frégate F127

La commande des huit navires devrait être passée dès l’été prochain. Le défi pour les constructeurs sera ensuite de lancer la construction de la première unité dans les meilleurs délais, afin que la Marine allemande puisse remplacer ses frégates F124 dans la décennie 2030.

« Le niveau de maturité du projet préliminaire répond aux attentes et facilitera grandement sa mise en œuvre réussie dans le délai imparti après l’attribution du contrat. L’équipe industrielle a déjà réalisé un investissement initial important. Pour un projet d’une telle ampleur et d’une importance stratégique, cela était absolument essentiel », a déclaré un porte-parole de TKMS.