La Garde côtière mène actuellement des opérations de recherche pour retrouver un nombre indéterminé de survivants après une frappe américaine contre un navire suspecté de trafic de drogue dans l’océan Pacifique oriental.
Dans la foulée de l’attaque menée mardi par les forces américaines contre un convoi de trois bateaux dans les eaux d’Amérique centrale, la Garde côtière a déployé des aéronefs et des équipes de secours. Cette attaque a fait au moins trois morts et plusieurs survivants. Il s’agit de la plus vaste opération de recherche et de sauvetage menée par les États-Unis depuis le début des frappes aériennes ciblant les navires suspects de narcotrafic en septembre dernier. Les recherches se poursuivent désormais pour le quatrième jour consécutif, a indiqué un porte-parole de la Garde côtière, sans préciser si des survivants avaient déjà été secourus.
Le convoi, composé de trois navires, naviguait dans le Pacifique oriental au 30 décembre. Selon le Commandement Sud américain (SOUTHCOM), des renseignements ont identifié ces bateaux comme étant des “navires de narcotrafic”. Une frappe a été déclenchée contre l’un des navires, causant la mort de trois personnes à bord. Les équipages des deux autres bateaux ont alors abandonné leurs embarcations. SOUTHCOM a précisé que ces derniers se sont éloignés des navires, qui ont tous deux été coulés lors d’engagements ultérieurs.
Le lendemain, SOUTHCOM a annoncé les frappes du 30 décembre, précisant que la Garde côtière avait été mobilisée pour les opérations de recherche et de sauvetage.
Par ailleurs, la Garde côtière a déclaré avoir été alertée mardi de la présence de “marins en détresse” dans la région du Pacifique. Un avion C-130 a été dépêché pour survoler la zone, et être en mesure de larguer une embarcation de sauvetage ainsi que des provisions si nécessaire. La coordination est assurée avec les navires présents dans la région afin d’optimiser les efforts de recherche et de sauvetage.
Deux autres frappes aériennes ont eu lieu le 31 décembre contre deux autres navires, faisant au total cinq morts, selon SOUTHCOM, qui n’a pas précisé la localisation précise de ces attaques. Depuis septembre, plus de 30 frappes ont été menées contre des navires supposés être utilisés pour le trafic de drogue, faisant au moins 115 victimes.
Le Département de la Défense n’a pas communiqué sur le lieu exact des frappes du 30 décembre, mais la Garde côtière a indiqué que des personnes en mer avaient été signalées à environ 400 milles nautiques au sud-ouest de la frontière entre le Mexique et le Guatemala.
Un porte-parole de la Garde côtière a précisé que l’avion HC-130J, basé à Sacramento, avait été mobilisé pour couvrir une zone de plus de 1 000 milles nautiques. Par ailleurs, une diffusion d’information maritime a été envoyée aux navigateurs présents dans la région. Les conditions météorologiques étaient difficiles, avec des vents soufflant jusqu’à 40 nœuds et des vagues pouvant atteindre 2,7 mètres de hauteur.
“Jusqu’à vendredi, la Garde côtière a coordonné plus de 65 heures d’efforts de recherche, en collaboration avec les nations partenaires, les navires de pêche commerciale ainsi que les navires membres du système de sauvetage mutuel automatisé (AMVER)”, a ajouté le porte-parole.
Les questions relatives à cette opération ont été renvoyées au commandement de la Garde côtière par SOUTHCOM.
Ce dernier incident est la quatrième fois que des survivants sont rapportés à la suite de frappes. Lors de la toute première attaque américaine contre des navires dans les eaux d’Amérique latine, le 2 septembre, deux personnes ont survécu à la frappe initiale. Restés accrochés aux débris du bateau pendant environ 45 minutes, ils ont été tués lors d’une seconde frappe aérienne.
Lors d’une frappe le 16 octobre dans la mer des Caraïbes, deux personnes sont mortes, tandis que deux autres, un Équatorien et un Colombien, ont été secourus par la Marine américaine. Ils ont été rendus à leur pays d’origine deux jours plus tard. Le 21 octobre, quatre navires dans le Pacifique oriental ont été attaqués, faisant 14 morts et un survivant immédiat. Les États-Unis ont averti un navire militaire mexicain proche concernant ce survivant. Après plusieurs jours de recherche, les autorités mexicaines ont finalement arrêté les recherches, considérant la personne comme perdue en mer et la comptant parmi les morts.
Les frappes dans les Caraïbes et le Pacifique oriental sont menées par le Commandement des opérations spéciales des États-Unis, selon plusieurs médias. Les autorités américaines ont accusé tous les navires visés d’être liés au trafic de drogue et à des gangs qualifiés d’organisations terroristes étrangères, sans toutefois fournir de preuves publiques. La Garde côtière continue parallèlement ses opérations régulières d’interception de drogue dans le Pacifique et les Caraïbes, malgré l’intensification des frappes aériennes américaines ciblant ces navires suspects.
Enfin, les forces américaines déploient plus de 15 000 militaires dans les Caraïbes dans le cadre de l’opération Southern Spear, comprenant plusieurs aéronefs, des destroyers, une unité expéditionnaire des Marines ainsi qu’un porte-avions.