Le Royaume-Uni a annoncé une accélération significative de son programme d’armes à énergie dirigée (AED), incluant la poursuite du développement du système laser DragonFire et des armes à radiofréquence (RF), à la suite de tests concluants et d’un nouvel engagement financier de près d’un milliard de livres sterling.

Dans une réponse écrite à une question parlementaire posée par le député James Cartlidge, la ministre de la Défense Maria Eagle a présenté la volonté du Gouvernement de se concentrer à nouveau sur les technologies d’armes novatrices dans le cadre de la mise en œuvre de la Revue stratégique de défense. La ministre a qualifié ce nouvel investissement de mesure qui positionnera le Royaume-Uni « à la pointe de l’innovation et des capacités nouvelles au sein de l’OTAN ».

Les armes à énergie dirigée, qui regroupent notamment les lasers à haute énergie et les systèmes à radiofréquence destinés à neutraliser ou détruire des cibles sans recours aux explosifs conventionnels, sont développées pour faire face à des menaces telles que les drones, les missiles, et potentiellement les avions pilotés. Le ministère de la Défense met un accent particulier sur l’usage de ces systèmes pour protéger les forces armées britanniques, aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger.

Dans sa réponse, Maria Eagle a confirmé qu’un récent essai d’un démonstrateur d’arme à énergie dirigée par radiofréquence avec l’armée britannique avait permis d’engager et de neutraliser efficacement des drones. Elle a également souligné de nets progrès dans le développement du système laser DragonFire, le programme phare des AED au Royaume-Uni, précisant que le dernier cycle de tests avait vu le système tirer plus de 300 fois.

Selon la ministre, ces tirs ont « démontré la régularité et la fiabilité », avec « 30 destructions de drones et des tirs réalisés dans des conditions météorologiques difficiles ». Ces essais, menés dans des conditions proches de l’environnement opérationnel, s’inscrivent dans un effort plus large visant à collecter « des données essentielles et des enseignements nécessaires à l’amélioration et à l’adaptation de ces systèmes ».

Le projet DragonFire, fruit d’une collaboration entre le Defence Science and Technology Laboratory (Dstl), MBDA, Leonardo et QinetiQ, vise à concevoir un laser de précision capable d’intercepter des menaces aériennes à portée opérationnelle, avec un coût par tir réduit et une logistique allégée comparée aux intercepteurs cinétiques classiques.

Le programme global d’armes à énergie dirigée est désormais considéré comme un élément central de la protection des forces futures. Maria Eagle a indiqué que les systèmes en développement seront adaptés à « de multiples cas d’usage militaire », notamment la défense de base et la protection d’actifs à haute valeur. Toutefois, elle n’a pas donné de détails sur les calendriers ou les sites de déploiement, invoquant des raisons de sécurité opérationnelle.

Le milliard de livres sterling alloué servira à soutenir les essais en cours, la réalisation de prototypes rapides et la future mise en service des systèmes laser et à radiofréquence. Ce niveau d’investissement, a expliqué la ministre, reflète un changement stratégique plus large au sein du ministère de la Défense visant à accélérer l’innovation et moderniser les capacités britanniques en réponse à la montée des menaces mondiales.

Bien que les technologies laser et les armes à énergie dirigée soient encore en phase avancée de test et pré-opérationnelle, leur maturité croissante et leurs performances éprouvées contre les drones, l’une des menaces principales des conflits contemporains, devraient conduire à une implication accrue de ces systèmes dans la planification des forces britanniques.

Cette mise à jour intervient dans un contexte plus large d’efforts de l’OTAN pour intensifier les investissements dans les capacités de nouvelle génération. Lors du récent sommet de l’OTAN à La Haye, les Alliés se sont engagés à atteindre des objectifs de capacités significativement renforcées. Pour le Royaume-Uni, les armes à énergie dirigée sont désormais perçues comme l’une des technologies clés pour obtenir des systèmes de défense à haute disponibilité et empreinte réduite, capables de neutraliser rapidement et efficacement des menaces évolutives.