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Le ministère de la Défense britannique a confirmé que la compétition pour le projet NIGHTFALL devrait s’ouvrir en décembre, après la clôture de la phase initiale de consultation de l’industrie.

Cette précision a été apportée en réponse à une question écrite posée par James Cartlidge, député conservateur de South Suffolk, qui souhaitait connaître le calendrier du lancement de la compétition. Au nom du ministère, le ministre de la Défense Luke Pollard a indiqué que les experts sont encore en train d’examiner les contributions soumises par l’industrie le mois dernier.

« Le ministère est actuellement en train d’analyser les retours des industriels suite à la demande d’informations NIGHTFALL, qui a fermé le 24 novembre 2025. Nous prévoyons de lancer la compétition NIGHTFALL en décembre 2025. »

Cette annonce fait suite à la publication des exigences détaillées plus tôt cette année, qui décrivent l’un des programmes de missiles balistiques tactiques les plus ambitieux que le ministère de la Défense ait lancés depuis plusieurs décennies.

Le document unique des besoins utilisateurs décrit un missile sol-sol capable d’atteindre une portée supérieure à 500 kilomètres, résistant à des conditions électromagnétiques hostiles, et pouvant délivrer une charge utile de 200 kilogrammes avec une précision remarquable, affichant un CEP50 de cinq mètres. La spécification met l’accent sur la production en série rapide et une mise en service accélérée, avec un coût ciblé par missile d’environ 500 000 livres sterling, hors tête militaire et lanceur.

Le document précise : « L’utilisateur requiert un missile balistique tactique (>500 km) à coût maîtrisé, pouvant être lancé en toute sécurité depuis une plateforme mobile dans un environnement tactique à haut risque, et naviguer vers des coordonnées programmées avec une grande précision. »

Le ministère insiste aussi sur la survie et la résilience environnementale du missile. Le cahier des charges indique que « Il doit pouvoir opérer dans des environnements physiques rigoureux, de jour comme de nuit, avec une faible signature multispectrale, une résistance élevée dans un contexte électromagnétique complexe (EME), notamment en cas de déni ou dégradation des systèmes GNSS, et être immunisé contre les attaques de guerre électronique ciblées et le brouillage. »

La rapidité de mise en œuvre est un enjeu central du programme. Le cahier des charges fixe « une échéance ambitieuse avec un tir de démonstration environ 9 mois après attribution du contrat, puis une production en série dans les 3 à 6 mois suivants, à raison d’au moins 10 unités par mois. »

Le projet impose qu’un lanceur mobile unique puisse tirer plusieurs missiles en moins de 15 minutes avant de se repositionner dans un délai de 5 minutes pour se prémunir contre un tir de contre-batterie. Les systèmes doivent être conçus sans composants soumis à des restrictions d’exportation étrangères et prévoir une évolutivité en termes de portée, de manœuvrabilité et de précision.

Les candidatures acceptées pourront concerner des concepts complets de missiles ou des contributions spécifiques telles que la propulsion, la structure, la navigation, la fabrication évolutive, les lanceurs mobiles, ou l’intégration des systèmes. Les solutions proposées devront être rapidement industrialisables et suivre une trajectoire balistique, sous peine d’être rejetées.

La période de réponse à la demande d’informations s’est terminée le 24 novembre. La prochaine phase de compétition permettra au ministère de la Défense de procéder à une sélection formelle, avec pour objectif de réduire le nombre de candidats à quelques démonstrateurs financés en 2026.