Lors des célébrations de la Semaine Navale à Nauplie, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a annoncé un plan global visant à moderniser la flotte de sous-marins de la Marine hellénique. Cette initiative se concentrera à la fois sur l’acquisition de nouveaux sous-marins et sur la modernisation des bâtiments les plus performants actuellement en service.
Cette démarche vise à renforcer la composante sous-marine de la marine grecque en réponse à l’importante expansion navale de la Turquie. Les médias grecs soulignent qu’Ankara construit une flotte de plus de 30 bâtiments, comprenant frégates, sous-marins et navires sans équipage, et prévoit également la construction d’un porte-avions, ce qu’Athènes perçoit comme une menace croissante en mer Égée.
Après plusieurs années d’immobilisme, la Grèce a déjà lancé sa modernisation navale en commandant trois frégates FDI, avec une option pour une quatrième, tout en négociant l’achat de deux frégates FREMM d’occasion auprès de l’Italie, avec une éventuelle acquisition de deux supplémentaires. Toutefois, les sous-marins sont appelés à constituer le cœur de la capacité navale grecque, grâce à leur capacité à opérer discrètement et à lancer des missiles de croisière.
Dans le cadre d’un plan de défense à vingt ans récemment approuvé par le Parlement grec et le Conseil de sécurité nationale (KYSEA), la Grèce prévoit d’acquérir quatre nouveaux sous-marins au cours de la prochaine décennie. Au moins deux d’entre eux seront configurés pour répondre à de nouvelles exigences, notamment la capacité de transporter des missiles d’une portée supérieure à 1 000 kilomètres.
Le processus d’acquisition devrait débuter au début des années 2030, mais la Marine grecque a déjà entamé des discussions avec plusieurs fournisseurs potentiels. Selon les informations relayées par la presse locale, les responsables grecs privilégieraient actuellement les sous-marins allemands de type 214 dans une configuration modernisée.
Parallèlement, la Grèce prévoit de moderniser ses quatre sous-marins de la classe Papanikolis – basés sur le design allemand du type 214 – dans les cinq prochaines années. Ces sous-marins, mis en service entre 2010 et 2016, feront l’objet d’upgrades à mi-vie afin de se rapprocher des standards des nouveaux bâtiments.
Des négociations sont en cours avec Thyssenkrupp Marine Systems (tkMS) pour ce programme de modernisation, qui devrait inclure la mise à jour des systèmes clés tels que l’électronique, les capteurs, les périscopes, les sonars et les systèmes de combat. Le coût total de cet effort est estimé à plus d’un milliard d’euros.
L’industrie grecque jouera un rôle important dans cette modernisation, avec notamment les chantiers navals Scaramanga, où trois des quatre sous-marins Papanikolis ont été initialement construits. La modernisation et la révision du premier sous-marin devraient durer moins d’un an.