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Une opération de maintenance d’un sous-marin de la Marine américaine en Australie-Occidentale marque une avancée majeure dans le cadre de l’alliance de sécurité AUKUS réunissant les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni. Le travail effectué sur l’USS Vermont (SSN 792) illustre la capacité des forces alliées à réaliser des interventions complexes de maintenance en dehors du territoire américain, dans une zone d’importance stratégique.

« C’est la première fois qu’une maintenance de ce niveau sur un sous-marin de classe Virginia est réalisée hors des États-Unis », a déclaré le commandant Matthew Lewis, responsable du Vermont. « La capacité à résoudre les problèmes, maintenir les normes de sécurité et accomplir l’ensemble des tâches prévues a été considérable ».

Cette période de maintenance s’est déroulée au HMAS Stirling, à Perth, par une équipe mixte américaine et australienne, dirigée par le chantier naval de Pearl Harbor et l’Installation de Maintenance Intermédiaire. Le personnel de Pearl Harbor a apporté son expertise technique et a travaillé en étroite collaboration avec les équipes australiennes, démontrant l’approche intégrée promue dans le cadre du Pilier I d’AUKUS.

« Cette opération illustre parfaitement ce que le Pilier I d’AUKUS cherche à mettre en œuvre », a expliqué le contre-amiral Rick Seif, responsable du programme d’Intégration et d’Acquisition d’AUKUS pour la Marine américaine. « Nous passons de la phase de planification à celle de l’exécution, chaque mission réussie renforce la préparation des alliés ainsi que notre capacité à entretenir des sous-marins dans la région Indo-Pacifique ».

Avant le début des travaux, les autorités américaines et australiennes ont dû régler les modalités de support d’un sous-marin à propulsion nucléaire dans un port étranger dépourvu des infrastructures d’un chantier naval américain attesté. L’autorisation d’effectuer une maintenance sur un sous-marin en un port tiers a été officialisée par une disposition législative bipartisane inscrite dans la Loi de Défense Nationale pour l’exercice fiscal 2024, avec l’aval du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth.

« Entre 75 % et 80 % du temps consacré à la maintenance d’un sous-marin est dédié à la mise en place des conditions nécessaires au travail », a précisé le capitaine Jason Pittman, liaison AUKUS I&A auprès de l’Agence australienne des sous-marins. « L’alimentation électrique temporaire, l’air comprimé haute pression, l’eau refroidie et la mise en service des installations doivent être parfaitement opérationnels avant de commencer ».

L’industrie australienne a installé plusieurs de ces équipements, notamment une unité mobile de purification d’eau de haute pureté, conçue en Australie-Occidentale et déployée sur le quai durant la maintenance. Les navires nucléaires américains nécessitent en effet une eau d’une pureté exceptionnelle, habituellement fournie par des infrastructures fixes.

Ce sont plus de 200 tâches spécifiques qui ont été accomplies avant le départ du sous-marin, allant de la préservation de la coque à des services temporaires, en passant par les opérations d’accès, les tests et la remise en état des systèmes. Les marins et personnel civil de la Royal Australian Navy impliqués avaient suivi une formation préalable au chantier naval de Pearl Harbor ainsi qu’au Centre de Maintenance Intermédiaire en début d’année.

Les ingénieurs et officiers britanniques ont également été intégrés tout au long du processus, en préparation à la maintenance de leur propre sous-marin à propulsion nucléaire prévue au HMAS Stirling début 2026. « Le Royaume-Uni ne considère pas que cette disponibilité de maintenance au HMAS Stirling soit exclusive aux États-Unis », a affirmé le capitaine Shaun Southwood, officier de liaison britannique pour AUKUS en Australie. « Toutes les périodes de maintenance de sous-marins ici sont menées de manière trilatérale ».

Les responsables soulignent un impact opérationnel immédiat, notamment par la réduction significative des temps de transit des sous-marins opérant dans l’Indo-Pacifique. « Un sous-marin qui peut être entretenu ici au lieu de retourner à Hawaï économise des semaines de déplacement », a indiqué le lieutenant-commandant Ryan Willis, représentant du programme AUKUS I&A au HMAS Stirling et coordinateur des opérations de maintenance durant cette période.