Le Département de la Défense des États-Unis a dévoilé un plan de modernisation navale sans précédent dans son histoire récente, intégré à un budget de défense national record de 1 010 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2026.

Ce projet budgétaire alloue 47,3 milliards de dollars à l’acquisition de 19 nouveaux navires de guerre pour la Marine américaine, soit une augmentation significative par rapport aux cinq navires financés l’année précédente. Le Département confirme que la Marine maintiendra une flotte active de 287 bâtiments, traduisant une volonté nette d’optimiser la capacité opérationnelle plutôt que d’augmenter la taille de manière indiscriminée.

Cette extension illustre la stratégie américaine visant à contrer les menaces navales croissantes, particulièrement face à l’essor rapide de la puissance maritime chinoise. La marine de l’Armée populaire de libération compte en effet plus de 730 navires en service, ce qui impose à la Marine américaine une modernisation impérative.

Le plan de construction navale pour 2026 prévoit notamment la construction d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins de la classe Columbia, de deux sous-marins d’attaque de la classe Virginia, de deux destroyers lance-missiles de la classe Arleigh Burke, d’un navire d’assaut amphibie de la classe América, d’un transport de chalands de débarquement de la classe San Antonio, de neuf navires de débarquement moyens, de deux ravitailleurs de flotte de la classe John Lewis ainsi que d’un navire de surveillance océanique T-AGOS. Ces acquisitions visent à renforcer les capacités américaines en guerre sous-marine, opérations amphibies, logistique maritime et surveillance multidomaine.

Au-delà de la somme engagée, ce budget se distingue par ses objectifs stratégiques : il représente une hausse de 13,4 % par rapport à l’exercice précédent et cible quatre axes prioritaires : renforcer la défense nationale, dissuader l’agression chinoise dans la région indo-pacifique, revitaliser la base industrielle de défense américaine et garantir la responsabilité fiscale dans les dépenses.

En investissant massivement dans la construction navale, les États-Unis réaffirment leur rôle de puissance maritime mondiale, capable de sécuriser les voies maritimes, protéger leurs alliés et préserver un ordre international stable.

Actuellement, la Marine américaine exploite une force de combat de 296 navires, comprenant 11 porte-avions à propulsion nucléaire, 14 sous-marins lanceurs d’engins et 74 destroyers de classe Arleigh Burke. Néanmoins, le plan pour 2026 envisage une flotte « gérée » de 287 navires, mettant l’accent sur la qualité et l’état de préparation plutôt que sur la simple parité numérique avec les adversaires. La modernisation vise à remplacer les bâtiments obsolètes par des plateformes avancées spécialement adaptées aux conflits de haute intensité, notamment dans la zone Pacifique.

La présence navale reste également critique au Moyen-Orient, où les forces américaines assurent la protection des passages stratégiques comme le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab-el-Mandeb. L’escalade des tensions avec l’Iran, la multiplication des menaces indirectes en mer et l’instabilité dans la mer Rouge renforcent la nécessité d’une présence navale persistante et performante dans cette région.

L’intégration de navires amphibies et logistiques dans le programme 2026 répond directement à ces besoins opérationnels, garantissant que la Marine puisse réagir rapidement aux crises régionales et soutenir des opérations avancées.

Cette injection historique de moyens navals dépasse le cadre d’un simple programme d’acquisitions : elle incarne une transformation stratégique de la posture maritime américaine, destinée à envoyer un message clair tant aux alliés qu’aux adversaires. Les États-Unis investissent dans leur puissance maritime pour protéger leurs intérêts et maintenir la stabilité globale.