La Marine américaine a révélé que quatre incidents distincts survenus à bord du porte-avions USS Harry S. Truman et de son groupe aérien lors de son déploiement de combat 2024-2025 étaient tous évitables. Ces événements mettent en lumière des failles systémiques qui appellent à une amélioration des procédures, de la formation et des équipements.
Les rapports d’enquête ont examiné des accidents survenus alors que le groupe frappait des cibles houthis et opérant sous des menaces constantes de missiles et de drones. Les conclusions pointent des lacunes dans les procédures, des insuffisances dans la formation et des défaillances matérielles comme causes principales.
Ce déploiement comprenait l’opération « Rough Rider », une période de 52 jours d’intenses combats en mer Rouge. Les enquêtes publiées cette semaine analysent quatre incidents : un tir ami déclenché par le croiseur USS Gettysburg le 22 décembre, une collision entre le Truman et un navire marchand en février, la perte d’un Super Hornet lors d’une manœuvre d’évitement en avril, et la chute à la mer d’un Super Hornet en mai, causée par une défaillance du système d’appontage.
L’amiral Jim Kilby, vice-chef des opérations navales, a souligné que « la Marine est engagée à devenir une organisation apprenante ». Il a ajouté que ces incidents confirment la nécessité d’investir dans le personnel et de renforcer la préparation opérationnelle. Malgré la pression du déploiement, le groupe a démontré « adaptabilité, professionnalisme et engagement total envers la mission ».
Dans le cas du tir ami, l’USS Gettysburg a tiré deux missiles SM-2 sur des Super Hornet entrants en raison d’une formation intégrée insuffisante, d’un soutien limité à bord du croiseur et d’une mauvaise coordination au sein du groupe de combat. Un avion a été détruit, un autre manqué de peu, mais aucun blessé n’a été signalé.
La collision en février avec le pétrolier marchand BESIKTAS M dans le canal de Suez a été jugée totalement évitable. L’enquête a révélé que l’équipe de passerelle du Truman n’a pas respecté les règles de navigation sécurisée. Le commandant du porte-avions a été rapidement relevé de ses fonctions. Les réparations effectuées à Souda Bay ont rétabli l’étanchéité avant la reprise des opérations, les travaux complets étant programmés lors de la prochaine période de ravitaillement et de refonte.
La perte en avril d’un F/A-18E et d’un tracteur porte-avions sur le pont hangar est survenue alors que le Truman effectuait une manœuvre d’évitement face à un missile balistique houthiste. Bien que la réaction du navire ait respecté les protocoles, une défaillance du frein de l’avion combinée à des problèmes de communication entre la passerelle, le contrôle du pont et le contrôle du hangar ont conduit à l’accident. Aucun membre d’équipage n’a été blessé.
En mai, un F/A-18F est tombé à la mer après la rupture du câble d’arrêt numéro 4. La cause principale était un amortisseur défectueux sur la poulie tribord. Les enquêteurs ont relevé plusieurs facteurs aggravants, notamment une maintenance insuffisante, un effectif réduit, un manque de connaissances techniques et une formation limitée, le tout accentué par le rythme soutenu des opérations de combat.
L’amiral Kilby a conclu que « la Marine reste pleinement concentrée sur la préparation au combat de ses marins et de ses forces » en mettant en œuvre les améliorations proposées à l’issue de ces investigations.