En juin 2024, le porte-hélicoptères amphibie Mistral, accompagné par la frégate multimissions (FREMM) Auvergne et le Buque Base de Buceo de Desminado del Atlántico (BBPD) Styx, a été déployé pour participer à l’exercice annuel baltops organisé par l’OTAN en mer Baltique.

Le PHA Mistral transportait un Groupe Amphibie de Niveau 1 (GA1), composé d’éléments de la 9e Brigade d’Infanterie de Marine, de la 6e Brigade Blindée Légère et de la 4e Brigade de Combat Aérien. Ce dispositif était renforcé par un drone aérien S-100 du 36F ainsi qu’une section de fusiliers marins.

La première semaine de baltops 2024 a été consacrée à un entraînement franco-suédois. À cette occasion, les fusiliers marins et soldats du GA1 ont effectué des débarquements avec une vedette rapide Combat Boat CB90 mise à disposition par la Marine suédoise. « Ces opérations ont permis d’étudier plusieurs configurations au sein de l’élévateur du PHA et, donc, la capacité de projection de forces du Mistral », précise alors le ministère des Armées.

En l’absence de vedette CB90 – ou d’une capacité équivalente – cet exercice a convaincu clairement la Marine française.

Un an plus tard, après avoir navigué dans les fjords norvégiens puis rejoint la Baltique dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc 2025, le PHA Mistral a embarqué une vedette CB90 prêtée par la Marine suédoise. Cela a été annoncé par la Marine suédoise via ses réseaux sociaux.

« Au début de cet été, la Marine suédoise a formé des officiers et marins français à l’utilisation du CB90. Ce navire de guerre sera désormais testé par nos alliés pendant une longue période en latitudes méridionales », a-t-elle indiqué. « Ainsi, nous transmettons à nos alliés un savoir précieux qui sera utile pour la défense future de nos intérêts communs », a-t-elle ajouté.

Conçue par Saab, la vedette rapide CB90 peut transporter rapidement un demi-peloton de fusiliers marins, soit une quinzaine de combattants, jusqu’à une plage de débarquement. D’un déplacement de 24,5 tonnes à pleine charge, elle navigue à une vitesse maximale de 40 nœuds grâce à deux moteurs diesel de 900 chevaux, assistés par deux propulseurs hydrodynamiques (waterjets). Très maniable et robuste, elle peut parcourir 300 milles nautiques à 38 nœuds. Elle peut également être armée de mitrailleuses de 12,7 mm, lesquelles peuvent être télécommandées.

À l’origine, les expérimentations que la Marine française entend conduire avec la vedette CB90 concerneront exclusivement des opérations amphibies. À moins qu’il ne s’agisse de rechercher une alternative aux Vedettes de Fusiliers Marins (VFM), dont la commande a été annulée l’an dernier malgré la livraison des deux premières unités, Bir Hakeim et Laffaux.

En effet, le concept du VFM est relativement proche de celui du CB90 (vitesse maximale de 40 nœuds, déplacement de 15 tonnes, capacité de transport et d’armement, etc.). Cependant, il avait été conçu pour accompagner les unités « précieuses » de la Marine française et assurer la surveillance ainsi que la protection des accès aux ports militaires, plutôt que pour projeter des forces côtières.

Laurent Lagneau