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La Marine indienne envisage de transférer un sous-marin de classe Kilo à l’organisation de recherche et développement en défense (DRDO) pour en faire une plateforme d’essais avancés. Cette initiative vise à accélérer les programmes de développement de sous-marins indigènes, en testant des systèmes et armements de pointe indispensables aux futurs sous-marins nucléaires d’attaque et conventionnels.

Selon des sources proches du dossier, ce transfert permettrait à la DRDO d’expérimenter sur un sous-marin opérationnel des technologies cruciales telles que la propulsion indépendante de l’air (AIP), les missiles de croisière lancés depuis un sous-marin (SLCM), les torpilles lourdes, ainsi que les systèmes avancés de détection et de gestion de combat. La Marine devrait affecter un équipage dédié pour assurer la sécurité et l’efficacité des essais pendant toute la durée de cette collaboration, soulignant l’importance d’un lien étroit entre expertise opérationnelle et recherche technologique.

Le sous-marin de classe Kilo servira de banc d’essai pour plusieurs systèmes clés :

  • Propulsion indépendante de l’air (AIP) : Le système AIP développé par la DRDO, basé sur la technologie des piles à combustible à acide phosphorique, doit améliorer l’endurance sous-marine en réduisant la nécessité de faire surface. Les essais sur ce sous-marin valideront sa viabilité pour intégration dans les sous-marins du Projet 75I.
  • Missiles de croisière lancés sous l’eau (SLCM) : Cette plateforme permettra de tester des missiles comme le Nirbhay ou ses variantes navales, capables d’attaquer avec précision des cibles terrestres et maritimes à longue distance, un atout majeur pour les futurs sous-marins nucléaires d’attaque indiens.
  • Torpilles lourdes : Les torpilles avancées telles que la Varunastra nécessitent des tests rigoureux contre des menaces navales modernes, que le sous-marin Kilo pourra offrir dans un environnement réaliste.
  • Capteurs avancés et systèmes de gestion de combat (CMS) : Les suites sonar, systèmes de guerre électronique et CMS intégrés, essentiels à la modernisation des sous-marins, seront évalués sur ce banc d’essai pour assurer leur compatibilité et leur efficacité.

Ce transfert s’inscrit dans la stratégie indienne visant à développer une flotte sous-marine robuste, dans le cadre de l’initiative Atmanirbhar Bharat (Inde autonome). Le Projet 75 Alpha prévoit la construction de six sous-marins nucléaires d’attaque (SSN) d’ici le milieu des années 2030, destinés à des missions prolongées, la lutte anti-navire et la dissuasion stratégique. Parallèlement, le Projet 75I vise à acquérir six sous-marins conventionnels avancés équipés de systèmes AIP, renforçant ainsi la défense régionale et côtière.

L’utilisation d’un ancien sous-marin Kilo comme plateforme d’essai permettra de réduire les risques technologiques en offrant un cadre opérationnel contrôlé pour affiner les innovations. Cette méthode est couramment employée par les marines du monde, qui recyclent des plateformes vieillissantes pour tester leurs technologies de nouvelle génération, garantissant ainsi une meilleure maîtrise des coûts et une fiabilité accrue.

En cas d’approbation, ce projet nécessitera une coordination étroite entre la Marine et la DRDO. Le rôle des marins dans la conduite des essais est primordial pour garantir que les technologies testées respectent les standards opérationnels. Les adaptations du sous-marin Kilo pour accueillir des systèmes expérimentaux présenteront des défis techniques, notamment en raison de l’ancienneté et de la conception russe du navire. Néanmoins, l’expérience de la DRDO dans l’intégration de technologies indigènes, telle qu’illustrée par le programme des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins classe Arihant, constitue un atout pour relever ces difficultés.