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La marine russe constitue-t-elle encore une menace crédible pour le Royaume-Uni après plusieurs années de revers liés au conflit en Ukraine et une multiplication des défaillances techniques ? Cette question fait l’objet d’un débat approfondi dans une publication récente de Britain’s World, le magazine en ligne du Council on Geostrategy.

Ce débat intervient après les propos du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui avait plaisanté au sujet d’un sous-marin russe « boitant » dans la mer du Nord sous escorte. Cependant, plusieurs experts avertissent que les problèmes techniques ne doivent pas être confondus avec une faiblesse stratégique réelle.

Benedict Baxendale-Smith souligne que les investissements russes dépassant 77 milliards de livres sterling dans la modernisation navale témoignent d’une volonté affirmée. Selon lui, le Royaume-Uni reste exposé aux risques posés par les sous-marins nucléaires, les missiles à longue portée ainsi qu’à une « flotte fantôme » menaçant les infrastructures sous-marines vitales.

John Foreman, ancien attaché de défense britannique à Moscou, considère que la Flotte du Nord russe demeure une « menace crédible et capable », notamment grâce à ses forces nucléaires sous-marines et à ses systèmes de missiles modernes. Pour sa part, le professeur Basil Germond de l’Université de Lancaster précise que si la Russie peine à rivaliser avec l’OTAN dans la guerre en haute mer, ses sous-marins et ses navires civils « de recherche » sont adaptés aux opérations de sabotage et aux actions en dessous du seuil de conflit ouvert, susceptibles de perturber les intérêts britanniques.

Plusieurs contributeurs, dont l’analyste en défense H. I. Sutton, recommandent une vigilance constante, en particulier face à l’évolution des technologies russes en matière de guerre sous-marine et de mines dans l’Atlantique Nord. Matthew Palmer, chercheur au Council on Geostrategy, ajoute qu’en dépit d’un entretien médiocre et d’un moral en berne, « la marine russe reste un adversaire conventionnel dangereux que le Royaume-Uni ne peut ignorer ».

Le consensus qui se dégage de cette analyse est que si la flotte de surface russe a perdu en puissance, ses sous-marins, ses opérations clandestines et sa capacité à perturber persistent, en faisant une force capable et imprévisible.