La présence des soldats de la Garde nationale déployés à Washington D.C. est prolongée de quatre mois supplémentaires. L’administration Trump a étendu les ordres pour cette mission au moins jusqu’en février 2026.
Plus de 2 300 membres de la Garde nationale sont actuellement présents dans la capitale, dont environ 960 issus de la Garde nationale du District de Columbia. Les autres proviennent de sept États dirigés par des Républicains, ayant envoyé leurs troupes à Washington à la demande du Pentagone.
Cette prolongation intervient alors que la mission approche de ses trois mois d’activité. Le président Donald Trump avait annoncé en août l’activation de la Garde nationale de D.C. pour soutenir les forces de l’ordre locales et fédérales face à une hausse prétendue de la criminalité. Pourtant, les données fédérales montrent que la ville enregistre des niveaux historiquement bas de crimes violents. Compte tenu du statut particulier de Washington, le président a un contrôle direct sur la Garde nationale, activée sous le Titre 32, ce qui leur permet d’assister la police locale et de restreindre temporairement les déplacements, sans toutefois pouvoir procéder à des arrestations. Les troupes des autres États ont également été déployées sous ce même statut, sans être fédéralisées sous le Titre 10.
Les soldats, qui patrouillent principalement dans les parcs fédéraux et dans les stations de métro, ont été vus ces dernières semaines en train de ramasser des déchets ou de faire face à des provocations de la part de résidents locaux, certains ayant même joué l’Impérial March de Star Wars à leur encontre.
Les ordres initiaux prévoyaient la fin de la mission en novembre, et certains États avaient déjà annoncé leur intention de retirer leurs troupes à cette date. La direction du district de Washington s’est opposée à ce déploiement, avec notamment le procureur général de D.C., Brian Schwalb, qui a déposé une plainte visant à mettre fin à cette mission. Un juge fédéral n’a pas encore statué sur l’émission d’une injonction temporaire contre le déploiement.
En septembre, un appel d’offres publié sur le site SAM.gov indiquait que le Bureau de la Garde nationale effectuait une étude de marché pour trouver un prestataire assurant la restauration des troupes à Washington jusqu’en janvier. À cette époque, la Garde nationale précisait toutefois que cette publication ne constituait pas une extension officielle de la mission dans la capitale.
Cette prolongation coïncide avec la fuite d’un mémo confirmant le projet de la Garde nationale d’établir des forces de réaction rapide dans les 50 États, le District de Columbia, Porto Rico et Guam. Le plan prévoit aussi la création d’un bataillon de police militaire « spécialisé » à Washington, D.C.
Washington a été la deuxième ville dans laquelle l’administration Trump a déployé des soldats, après Los Angeles en juin. Dans la Cité des Anges, des membres de la Garde nationale californienne ont été fédéralisés sous le Titre 10, tandis que des démarches similaires pour Portland et Chicago sont bloquées par des recours juridiques.