Plus de 2 000 membres de la Garde nationale du District de Columbia et de six États ont été mobilisés dans le cadre de l’opération fédérale en cours à Washington D.C. Le nombre total de soldats engagés pour soutenir ce renfort des forces de l’ordre fédérales atteint désormais 2 091.
Ce lundi, les gouverneurs de Louisiane, du Mississippi et du Tennessee ont annoncé l’envoi de centaines de soldats à Washington. Cette décision fait suite aux annonces similaires des États de l’Ohio, de la Caroline du Sud et de Virginie-Occidentale, effectuées le week-end précédent. Plus de 1 000 soldats venus de l’extérieur sont en route pour rejoindre la mission placée sous l’autorité de la Joint Task Force – District of Columbia (JTF-DC). Ils viennent renforcer les 896 membres de la Garde nationale du District de Columbia déjà mobilisés dans le cadre de la démonstration de force ordonnée par le président Donald Trump.
Le déploiement détaillé
La Virginie-Occidentale a été la première à confirmer l’envoi de 350 soldats ce week-end, selon la JTF-DC. Le gouverneur de Caroline du Sud, Henry McMaster, a annoncé 200 soldats, tandis que le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, a confirmé l’envoi de 150 soldats. Ce lundi, le Mississippi a promis 200 soldats supplémentaires, la Louisiane 135, et le Tennessee 160. Ce dernier précise que ses soldats seront déployés pour assurer la sécurité des monuments, les patrouilles de sécurité communautaires, la protection des bâtiments fédéraux et la gestion du trafic, d’après un communiqué du bureau du gouverneur Bill Lee.
Une mission placée sous haute autorité
« Sous la direction du président et du secrétaire à la Défense, plus de 800 membres de la Garde nationale du District de Columbia sont déployés sur le terrain pour soutenir la police métropolitaine de Washington D.C. ainsi que nos partenaires des forces de l’ordre fédérales », a déclaré un porte-parole de la JTF-DC lundi soir. « Dans les jours à venir, des renforts venus de Virginie-Occidentale viendront renforcer la mission visant à sécuriser nos monuments, protéger les bâtiments fédéraux, soutenir la sécurité communautaire et réduire la criminalité dans la capitale. »
La JTF-DC n’a pas confirmé d’autres déploiements, hormis celui de Virginie-Occidentale, dont les 350 soldats sont attendus en milieu de semaine.
Un contexte tendu à Washington
Depuis deux semaines, le président Trump a multiplié les déclarations alarmistes sur la montée de la criminalité à Washington, alors même que les données du ministère de la Justice indiquent une baisse historique de la violence, au plus bas depuis 30 ans. En réponse, des centaines d’agents fédéraux issus de la Drug Enforcement Administration (DEA), du FBI, de la Customs and Border Protection et d’autres agences ont été déployés, en complément de la mobilisation annoncée le 11 août de la Garde nationale du District de Columbia.
Les soldats sont activés en vertu du Titre 32, ce qui signifie qu’ils relèvent de l’autorité de leur État mais sont financés par le gouvernement fédéral. Le statut particulier du District de Columbia place toutefois sa Garde nationale sous autorité fédérale. Depuis le début de leur mobilisation, les soldats restreignent leur présence à certaines zones clés, notamment le D.C. Armory, le National Mall et Union Station.
Ces ordres d’activation sont obligatoires et concernent des unités entières, bien distinctes des missions volontaires que peut connaître la Garde nationale. « Ces ordres sont involontaires. Nous avons sélectionné les soldats en fonction de leur disponibilité, en veillant à ne pas mobiliser ceux faisant partie de notre force de réponse immédiate aux ouragans », a précisé la capitaine Karla Evans, porte-parole de la Garde nationale de Caroline du Sud. Elle a souligné le moral positif de ses hommes, entraînés et prêts à répondre à l’appel.
Une mobilisation fédérale déjà testée en Californie
En juin, l’administration Trump avait déjà fédéré 4 100 membres de la Garde nationale californienne sous le Titre 10 du code américain pour protéger les installations fédérales lors de manifestations contre des raids d’immigration. Ces troupes avaient été renforcées par plusieurs centaines de Marines stationnés à Twentynine Palms en Californie, couvrant néanmoins un territoire beaucoup plus étendu que le District de Columbia. Cette mission avait également impliqué la participation de la Garde nationale aux côtés des agents fédéraux lors de perquisitions liées à l’immigration et à la drogue dans le sud de la Californie. Mi-août, les Marines sont retournés à leur base et la plupart des soldats ont été renvoyés sous autorité étatique, à l’exception de quelques centaines.
Surveillance accrue et opérations en cours à Washington
À Washington, les forces fédérales sont très visibles et actives ces derniers jours, patrouillant dans toute la ville, procédant à des fouilles et des arrestations de jour comme de nuit. Des agents du FBI et du Secret Service ont été aperçus lors du nettoyage d’aires d’occupation temporaire par des sans-abris. Selon Community Partnership, une organisation de lutte contre l’itinérance dans la capitale, environ 3 782 personnes seules et 1 356 adultes et enfants en familles connaissent l’itinérance lors d’une nuit quelconque à Washington, avec une majorité logée en centres d’hébergement ou en logements temporaires. Moins de 800 vivent effectivement dans la rue.
Le Département de la Défense a rappelé à plusieurs reprises que les soldats de la Garde nationale « ne procéderont pas à des arrestations, fouilles ni n’assumeront la fonction de la police », mais peuvent intercepter brièvement des individus pour les remettre aux forces de l’ordre. La semaine dernière, un soldat a temporairement détenu une personne sur le National Mall à la demande d’un officier des parcs après une bagarre.