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Le ministère de la Défense norvégien a annoncé le 31 août la sélection officielle du Royaume-Uni comme partenaire stratégique pour l’acquisition de nouvelles frégates, confirmant ainsi l’achat des frégates britanniques de type 26, également appelées Global Combat Ship.

Conçues principalement pour la guerre antisous-marine, ces frégates représentent le plus important investissement dans la défense de l’histoire de la Norvège, marquant une étape majeure dans la modernisation des capacités de combat en surface de la Marine royale norvégienne.

La frégate Type 26, développée par BAE Systems pour la Royal Navy britannique, est un navire de guerre avancé et polyvalent. Elle est optimisée pour la lutte antisous-marine, tout en pouvant remplir des missions de défense aérienne, d’attaque en surface et des missions polyvalentes.

Avec un déplacement d’environ 6 900 tonnes et un système de propulsion silencieux, elle excelle dans les opérations à faible signature acoustique, un critère essentiel pour détecter les sous-marins dans les eaux profondes de l’Atlantique Nord. Son armement comprend le système de missiles de défense aérienne Sea Ceptor, un canon naval de 127 mm et l’espace nécessaire pour installer des systèmes de missiles complémentaires selon les besoins nationaux. Le Type 26 dispose également d’un vaste pont d’envol et d’un hangar pouvant accueillir hélicoptères et drones, ainsi que d’une soute modulable destinée à divers équipements, comme des moyens de neutralisation de mines ou des équipements pour forces spéciales.

Ce type de frégate, désigné par la Royal Navy sous le nom de Classe City, comprendra huit unités. Les trois premières – HMS Glasgow, HMS Cardiff et HMS Belfast – devraient entrer en service avant 2030, tandis que les cinq autres – HMS Birmingham, HMS Sheffield, HMS Newcastle, HMS Edinburgh et HMS London – rejoindront la flotte après cette date.

Ces frégates sont spécifiquement conçues pour la guerre antisous-marine. Leur coque est acoustiquement discrète, réduisant les bruits sous-marins grâce à une propulsion combinant deux moteurs électriques, quatre générateurs diesel haute vitesse et une turbine à gaz à entraînement direct. Elles sont équipées de sonars remorqués avancés, capables d’assur er des détections actives et passives, avec des systèmes d’alerte torpilles indispensables dans la lutte moderne contre les menaces sous-marines.

Un élément clé de leur système est le radar de surveillance 3D Artisan de BAE Systems, qui offre une protection électronique avancée et des performances exceptionnelles en traquant simultanément plus de 800 cibles jusqu’à 200 kilomètres, même en présence de brouillages électroniques intenses équivalents à 10 000 signaux mobiles.

Pour les combats aériens et de surface, le Type 26 est équipé de 12 cellules VLS pour missiles sol-air Sea Ceptor, complétées par 24 cellules VLS MK 41 supplémentaires offrant une grande flexibilité pour différents types d’armements adaptés à chaque mission. Chaque cellule Sea Ceptor peut contenir quatre missiles, portant à 48 le nombre total d’intercepteurs de défense aérienne par navire.

Pour la Norvège, le choix de cette frégate dépasse le simple progrès technologique : il répond à un impératif stratégique. Avec plus de 25 000 kilomètres de côtes, une vaste zone économique exclusive et un accès direct à l’Arctique et à l’Atlantique Nord, le pays doit impérativement renforcer sa puissance maritime. La capacité à surveiller et sécuriser les voies de communication maritimes, protéger les infrastructures sous-marines et dissuader l’activité navale russe, de plus en plus agressive en Arctique, est au cœur de la politique de sécurité norvégienne.

La Marine royale norvégienne s’appuie actuellement sur quatre frégates opérationnelles de la classe Fridtjof Nansen, depuis la perte du HNoMS Helge Ingstad en 2018. Ces bâtiments, entrés en service entre 2006 et 2011, arrivent aujourd’hui en fin de cycle, n’ayant jamais été conçus pour les engagements prolongés et intensifs que requiert la compétition navale moderne. Leur maintien en service a nécessité d’importantes mises à jour, mais ils demeurent techniquement en retrait comparé au Type 26, notamment en termes d’architecture multifonctionnelle et d’adaptabilité aux futurs domaines de combat.

La variante norvégienne du Type 26 comprendra des hélicoptères dotés de capacités antisous-marines, renforçant encore son rôle clé dans cette spécialité. Le choix du modèle d’hélicoptère reste ouvert, Norvège évaluant actuellement les options, incluant l’intégration de drones pour améliorer la surveillance et la capacité d’attaque. Cette approche témoigne de l’intérêt croissant pour l’intégration de technologies émergentes dans les opérations maritimes, en attendant une coopération étroite entre britanniques et norvégiens notamment autour des systèmes aériens habités et non habités.