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Un rapport officiel souligne que la majorité des véhicules terrestres de l’Armée de Terre et du Corps des Marines ne sont pas prêts à être déployés en mission. Selon cette étude, sur 18 modèles de véhicules de combat et de soutien analysés, 16 ne sont pas opérationnels ni disponibles pour des missions. Cette baisse de disponibilité, observée entre 2015 et 2024, serait principalement due à un manque de matériel et de pièces détachées, ainsi qu’à une diminution du nombre de techniciens de maintenance qualifiés.

Le rapport du Government Accountability Office (GAO), intitulé « Weapon System Sustainment: Various Challenges Affect Ground Vehicles’ Availability for Missions », s’est intéressé aux véhicules tels que le Stryker, le Bradley Fighting Vehicle et le Joint Light Tactical Vehicle. Il met en avant que, malgré l’augmentation des besoins en maintenance, les réparations effectives et les remises à niveau ont diminué, impactant fortement la disponibilité de ces engins pour les opérations de combat.

Le rapport révèle que cinq des six véhicules de combat de l’Armée de Terre n’ont pas atteint le niveau « mission capable » durant au moins une année entière. Quant aux six véhicules de soutien examinés, ils n’ont été disponibles que 20 % du temps, alors que l’objectif officiel de l’Armée est une disponibilité de 90 %. Le Corps des Marines, qui n’a pas défini d’objectif comparable, applique une méthode d’évaluation différente, mais cinq de ses sept véhicules ont connu des baisses similaires en termes de préparation et d’accessibilité sur la même période fiscale 2015-2024.

Les causes de ces dégradations varient selon les véhicules, mais dans tous les cas, le manque de pièces, de matériel et de données techniques actualisées est pointé du doigt. Des pièces endommagées ou livrées en retard, ainsi que des opérations de maintenance imprévues liées à des dégâts sur le terrain, ont également contribué à ces retards et à l’accumulation des besoins de réparation.

Une pénurie critique et des équipements vieillissants

Par exemple, le nombre de révisions complètes réalisées par les dépôts de maintenance de l’Armée de Terre est passé de 1 278 en 2015 à seulement 12 en 2024. Pour le Corps des Marines, cette activité a chuté de 725 à 163 sur la même période.

Le commun dénominateur des deux forces est la pénurie de pièces détachées, qui a contraint l’Armée à prélever des composants sur des véhicules hors service afin d’effectuer des réparations. Ce problème découle, pour partie, d’une production insuffisante dans la chaîne logistique, où la demande dépasse l’offre.

Les techniciens chargés de la maintenance peinent à se procurer les pièces nécessaires, s’en remettant parfois à des fabricants externes ou des sous-traitants. Ces retards et difficultés d’approvisionnement sont une source importante de préoccupation pour les forces armées, particulièrement pour l’Armée de Terre et la Marine.

Par ailleurs, le rapport note que l’entretien des véhicules est aussi entravé par un manque de personnel qualifié en maintenance et par l’absence fréquente de plans techniques à jour. Même lorsque des techniciens sont disponibles, cette lacune dans la documentation complique la réalisation efficace des réparations.