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La Pologne a abattu plusieurs drones russes qui ont pénétré dans son espace aérien lors de la récente offensive nocturne de Moscou contre l’Ukraine, un événement qualifié par Varsovie d’« violation sans précédent de l’espace aérien polonais » et de menace directe pour ses citoyens.

Cet incident marque la première fois qu’un membre de l’OTAN détruit des appareils russes dans son propre ciel depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.

Le Commandement des opérations polonais a confirmé l’engagement de ses forces contre les drones tôt dans la matinée du mercredi, déclarant : « Il s’agit d’un acte d’agression ayant représenté une menace réelle pour la sécurité de nos concitoyens. » Le Premier ministre Donald Tusk a évoqué des opérations militaires « liées à de multiples violations de l’espace aérien polonais » et a confirmé que « l’armée a utilisé des armes contre ces objets. »

En réponse à ces incursions, la Pologne a fermé quatre aéroports, dont ceux de Varsovie Modlin, Rzeszów–Jasionka et Lublin. Les populations de trois régions frontalières avec l’Ukraine, notamment la voïvodie de Mazovie où se trouve la capitale Varsovie, ont été invitées à rester à l’intérieur, au fur et à mesure que l’ampleur de l’incident se précisait.

Le gouvernement a tenu des réunions d’urgence tout au long de la nuit. Le président Karol Nawrocki a annoncé qu’il présiderait un briefing du Bureau national de sécurité aux côtés du Premier ministre et des chefs militaires. Malgré leurs rivalités politiques, Nawrocki a insisté sur la nécessité de l’unité face à l’agression russe : « La sécurité de notre pays est notre plus haute priorité et exige une coopération étroite. »

Le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a indiqué que Varsovie était « en contact constant avec le commandement de l’OTAN » alors que la situation évoluait. Les responsables de l’Alliance n’ont pas encore annoncé si une consultation au titre de l’article 4 serait déclenchée, mais cette opération de tirs ouvre la possibilité d’une réponse plus ferme de l’alliance.

Cette épisode ajoute une dimension nouvelle et dangereuse au conflit provoqué par la Russie. Si les forces aériennes de l’OTAN ont déjà assuré des patrouilles et déclenché des interceptions de jets lors d’attaques transfrontalières, c’est la première fois que des drones russes sont engagés directement par des forces de l’alliance sur le territoire d’un État membre. Il s’agit d’une mise à l’épreuve des systèmes de défense aérienne polonais ainsi que des lignes rouges de l’OTAN dans ce conflit.