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Les autorités polonaises enquêtent sur deux incidents survenus sur un corridor ferroviaire stratégique vers l’Ukraine, après qu’une explosion a endommagé une portion de la voie entre Varsovie et Lublin. Le Premier ministre Donald Tusk a qualifié cet acte de « sabotage sans précédent visant la sécurité de l’État polonais et de ses citoyens ».

La détonation, signalée dimanche près du village de Mika, a détruit un segment de la ligne utilisée principalement pour le transport d’aides militaires et de fournitures vers l’Ukraine. Donald Tusk a précisé que l’engin explosif était « très probablement destiné à faire exploser un train » circulant sur cet axe. Aucun blessé n’a été rapporté.

Quelques heures plus tard, une seconde perturbation s’est produite près de Puławy, où des dommages aux caténaires ont contraint un train de passagers transportant 475 personnes à un arrêt d’urgence. Les enquêteurs examinent actuellement si cet incident s’inscrit également dans une démarche de sabotage.

Le ministre de la Justice, Waldemar Żurek, a indiqué que ces affaires sont traitées comme « une tentative de causer une catastrophe dans le transport terrestre », infractions passibles d’une peine minimale de dix ans de prison, voire de la réclusion à perpétuité.

Selon le ministre de la Sécurité, Tomasz Siemoniak, ces événements s’inscrivent dans une tendance récurrente : depuis janvier 2024, la Pologne a fait face à de multiples tentatives de sabotage, avec 55 arrestations liées à des activités illégales « ordonnées par des services de renseignement étrangers ». Il a averti que les incidents ferroviaires marquent « une nouvelle étape dans la menace contre les infrastructures ferroviaires ».

Si le Premier ministre a évité de désigner un responsable, il a souligné l’importance stratégique de cette ligne, la qualifiant de « route également utilisée pour acheminer des armes vers l’Ukraine ». Donald Tusk a assuré que les auteurs seraient « retrouvés, peu importe qui les soutient ».

Le ministre de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a annoncé que les forces armées polonaises procèdent à l’inspection des 120 kilomètres restants de la voie vers la frontière ukrainienne pour détecter d’éventuelles autres menaces.

Ces incidents s’inscrivent dans un contexte plus large d’attaques, notamment des incendies criminels, des cyberattaques et des sabotages présumés à travers l’Europe depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Varsovie accuse à plusieurs reprises Moscou de mener des opérations hybrides contre la Pologne, ce que la Russie dément catégoriquement.