Le vice-Premier ministre et ministre polonais de la Défense nationale, Władysław Kosiniak-Kamysz, a confirmé qu’un drone russe s’est écrasé dans un champ de maïs à Osiny, dans le comté de Łuków, mardi soir. Cet incident survient à un moment sensible des négociations de paix en cours.
Les habitants de la voïvodie de Lublin ont rapporté avoir entendu une explosion lors de la chute du drone, sans faire de victimes. Le ministère de la Défense polonais avait initialement évoqué plusieurs hypothèses, parmi lesquelles un drone entrant dans l’espace aérien, une plateforme de sabotage ou encore un engin de contrebande.
Lors d’une conférence de presse à Varsovie, Kosiniak-Kamysz a qualifié l’événement de « provocation de la Fédération de Russie », précisant que cela s’inscrit dans un contexte crucial, alors que des discussions pour la paix sont en cours avec l’espoir d’une résolution du conflit. Il a souligné : « Nous sommes face à une provocation de la Fédération russe, avec un drone russe. Cet incident intervient à un moment clé, où des discussions sur la paix ont lieu, avec l’espoir que cette guerre (…) ait une chance de se terminer. La Russie provoque à nouveau. »
Le ministre a également rappelé que l’espace aérien polonais avait déjà été violé auparavant, mais c’est la première fois qu’un drone est impliqué. Il a interprété cet acte comme une composante de la stratégie hybride plus large de Moscou : « Cela démontre que la stratégie russe, à un moment décisif – alors que la paix est discutée, que le président américain Donald Trump fait tout pour l’obtenir, et que l’Ukraine est ouverte à cette possibilité – se poursuit avec une stratégie provocatrice et une guerre hybride. »
Après le crash, plusieurs agences polonaises ont été mobilisées, notamment l’Agence de Sécurité Intérieure, le Service de Contre-espionnage militaire, la Police militaire et les Forces de Défense territoriales. Les alliés de l’OTAN ont également été informés de l’incident.
Le ministre a précisé que les radars n’avaient pas détecté la violation de l’espace aérien, mais que des opérations de recherche à l’aide d’hélicoptères et de drones étaient en cours pour récupérer les débris. Un rapport complet a été demandé auprès du commandement opérationnel polonais.
Le général Dariusz Malinowski, de l’armée polonaise, est venu apporter des précisions en indiquant qu’une évaluation préliminaire suggère qu’il s’agirait d’un drone leurre. Bien que l’origine ne puisse être confirmée avec une certitude absolue, ce type de système est généralement lancé depuis le territoire russe.
Le général a expliqué que le drone utilisait un moteur commercial de fabrication chinoise et ne transportait aucune charge explosive : « Nous savons avec certitude que c’est un moteur disponible sur tous les marchés, fabriqué en Chine. Nous savons aussi qu’il y avait certains systèmes à bord, également disponibles sur le marché. Et nous savons que la charge utile n’était pas importante. Ce n’était certainement pas une ogive. »
Kosiniak-Kamysz a souligné que Moscou refuse systématiquement de reconnaître sa responsabilité dans des incidents similaires s’étant déroulés ailleurs en Europe de l’Est : « Une chose est certaine, la Russie ne liera jamais sa responsabilité à ces actes, comme elle ne l’a pas fait dans les huit incidents en Moldavie, les trois incidents en Roumanie, les trois incidents en Lituanie, les deux incidents en Lettonie, un incident en Bulgarie avec des drones, sans parler des avions ou des missiles, la Fédération de Russie ne l’admettra jamais. »
Le gouvernement polonais a annoncé que le vice-Premier ministre Radosław Sikorski prendra des mesures diplomatiques en réponse à cet événement. L’enquête sur ce dossier est toujours en cours.