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Les efforts de l’Inde pour développer un missile conventionnel à haute vitesse capable de percer des bunkers stratégiques suscitent une inquiétude croissante au Pakistan, aggravant la tension déjà élevée dans la région. Ce projet marque une évolution majeure des moyens de frappe indiens et complexifie la dynamique sécuritaire entre les deux puissances rivales.

Rabia Akhtar, doyenne de la Faculté des sciences sociales de l’Université de Lahore, a souligné dans une tribune récente intitulée « Le problème avec le nouveau pari missile indien » publiée dans Dawn, les graves implications de cette nouvelle capacité. Selon elle, l’Inde cherche à mettre au point un missile conventionnel similaire au Massive Ordnance Penetrator (MOP) américain, une arme conçue pour détruire des infrastructures souterraines profondément enterrées.

Un risque stratégique majeur

Akhtar estime que ce développement pourrait s’appuyer sur une variante du missile Agni-V, un vecteur balistique intercontinental indien, équipé non pas d’une charge nucléaire, mais d’une ogive conventionnelle puissante. Cette initiative crée une zone grise dangereuse entre les stratégies conventionnelles et nucléaires, avec un risque élevé de mauvaise interprétation des intentions militaires.

En effet, bien que l’Inde affirme maintenir une politique officielle de non-emploi en premier (No First Use, NFU) de ses armes nucléaires, un missile conventionnel frappant des cibles stratégiques pakistanaises, notamment les centres de commandement et de contrôle nucléaire ou les sites de stockage d’armes, pourrait être perçu par Islamabad comme le prélude à une attaque nucléaire.

Cette ambiguïté augmente le risque d’une réaction militaire disproportionnée et d’une escalade incontrôlée, ce qui alarme profondément les autorités pakistanaises et les analystes internationaux.

Le contexte régional, marqué par une rivalité entretenue entre New Delhi et Islamabad depuis plusieurs décennies, rend cette évolution particulièrement préoccupante. L’amélioration et la diversification des capacités de frappe indiennes modifient l’équilibre stratégique, poussant le Pakistan à revoir ses propres doctrines de défense.

Dans un environnement où la dissuasion nucléaire joue un rôle central, l’apparition de missiles conventionnels dotés d’une capacité pénétrante accrue bouleverse les cadres classiques du contrôle des armements et de la stabilité régionale.