Article de 655 mots ⏱️ 3 min de lecture

Les chercheurs du Centre C5ISR de l’Armée américaine développent une reconnaissance assistée pour les systèmes aériens sans pilote (UAS), afin d’accélérer la détection des cibles par les squads sur le champ de bataille et d’accroître la létalité des soldats.

Avec les systèmes actuels, les soldats doivent surveiller manuellement le flux vidéo des drones, scrutant de vastes zones de terrain et d’obstacles pendant de longues périodes dans un environnement dynamique et en constante évolution. Désormais, des scientifiques et ingénieurs du Pentagone intègrent des fonctions d’autonomie et de détection des menaces pour offrir de nouvelles capacités aux petits UAS organiques de l’Armée.

Depuis 2019, le Centre Command, Control, Communications, Computers, Cyber, Intelligence, Surveillance and Reconnaissance (C5ISR) de l’Armée, en collaboration avec la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), conduit des travaux de recherche et développement axés spécifiquement sur les petits drones militaires.

« L’objectif principal est d’apporter de l’autonomie au niveau de la squad grâce à des comportements autonomes avancés tels que le Smart Search, permettant la recherche autonome d’une zone, la détection de cibles et la capacité à suivre et à traquer des cibles prioritaires », explique Mathew Wilson, chef de programme au C5ISR Center. « Cela permettra aux soldats d’améliorer leur létalité, leur survie et leur maniabilité. »

Mettre des UAS équipés de reconnaissance assistée (Aided Target Recognition, AiTR) directement entre les mains des soldats représente une avancée majeure dans la recherche du Pentagone, qui se concentrait auparavant sur des plateformes terrestres. L’Armée vise ainsi à réduire la fatigue des combattants, renforcer leur conscience situationnelle et accélérer une prise de décision plus précise, poursuit Wilson.

« Le C5ISR Center s’appuie sur son expertise étendue en AiTR. Les UAS exploitent désormais des capacités inédites en traitant d’importants volumes d’informations pour fournir aux soldats des données ISR exploitables. La suppression du besoin de piloter manuellement ces drones tout en détectant automatiquement les menaces et en transmettant les informations à la squad augmente significativement la présence opérationnelle des soldats sur le terrain », souligne-t-il.

Les activités de recherche internes au ministère de la Défense réunissent experts et soldats lors d’expérimentations sur le terrain qui offrent un retour direct conduisant à des améliorations continues. Lors du Project Convergence Capstone 5, ce système a permis aux observateurs avancés d’effectuer une recherche autonome au-delà du champ de visibilité directe pour identifier des menaces potentielles.

Sergent Brian Ward, chef de squad au sein du 1er Brigade Combat Team de la 1re Division Blindée, a livré un retour élogieux sur les tests AiTR menés durant cet exercice. « Si quelqu’un éprouve des difficultés à localiser des cibles ou du personnel, le drone circule et les suit automatiquement. C’est une révolution. Plus il détecte de cibles, mieux c’est, surtout si l’on peut en désigner une pour engagement », explique-t-il.

Le système intègre les données sur une image tactique commune en utilisant l’infrastructure existante de l’Armée, notamment l’Android Tactical Assault Kit (ATAK) et le dispositif Nett Warrior, évitant ainsi le déploiement de logiciels et matériels supplémentaires. L’interface ATAK permet de commander et contrôler les comportements autonomes du drone.

« Le drone s’est automatiquement lancé, s’est déplacé vers la zone d’intérêt, a effectué la recherche en autonomie et a renvoyé les cibles détectées sans aucune intervention humaine supplémentaire. Bien que l’AiTR ne soit pas encore déployé à grande échelle, la capacité de détecter automatiquement les menaces a été très appréciée », conclut Wilson.