Le missile léger multifonction (LMM) de la Royal Navy, connu sous le nom de Martlet en service, atteint désormais sa pleine capacité opérationnelle après une série exhaustive d’essais en conditions réelles. Ces tests ont confirmé son efficacité face à des menaces aériennes et de surface, marquant l’aboutissement de plusieurs années de développement. Désormais, le Martlet constitue une pièce maîtresse de l’arsenal embarqué des hélicoptères Wildcat.
Conçu et fabriqué par Thales à Belfast, le Martlet est capable d’atteindre une vitesse supérieure à Mach 1,5 et est guidé au laser par l’équipage de l’hélicoptère. Ce missile compact et relativement économique est spécialement conçu pour neutraliser des cibles petites et mobiles, telles que les véhicules aériens sans pilote (UAV) et les véhicules de surface sans équipage (USV), grâce à son agilité et sa précision.
Lors des premiers essais au polygone de tir d’Aberporth, dans la baie de Cardigan, le Martlet a été lancé depuis des Wildcats contre des cibles de surface sans équipage reproduisant de petits aéronefs d’attaque, qu’il a détruites avec succès. Par la suite, l’appareil a été déployé dans le sud de la France pour participer à l’exercice multinational Wildfire, organisé par l’OTAN sur la Côte d’Azur du 29 septembre au 2 octobre.
Ce dispositif fédéra les efforts de plusieurs nations avec notamment les destroyers français FS Forbin et FS Lorraine, un navire de soutien civil, les avions Atlantique et Rafale, ainsi que des hélicoptères Dauphin et NH90, rejoints par le Wildcat britannique.
Durant cet exercice, le Martlet a été mis à l’épreuve face à diverses menaces aériennes et terrestres, de jour comme de nuit. Quatre missiles ont été tirés par les Wildcats, atteignant toutes leurs cibles de manière directe, en coordination avec des hélicoptères Panther et NH90 de la Marine française ainsi que des Rafale. Parmi les objectifs neutralisés figuraient un petit USV et un drone-Alba UAS, assurant la défense des navires de guerre français. Ce scénario visait à démontrer la chaîne complète de destruction orchestrée par le Martlet ainsi que son intégration dans des opérations multinationales.
Thales vient par ailleurs de signer un contrat d’exportation de 350 millions de livres sterling avec l’armée indienne pour ses missiles légers LMM, générant environ 700 emplois en Irlande du Nord et témoignant de la demande croissante au niveau international sur ce système britannique.
Plusieurs centaines de missiles Martlet ont également été livrés prématurément à l’Ukraine dans le cadre du programme britannique d’assistance militaire.
Le Martlet complète désormais le missile plus lourd Sea Venom, qui a atteint sa capacité opérationnelle initiale en début de mois, pour former un ensemble d’armes complémentaires équipant le Wildcat. Ce binôme augmente significativement la capacité de l’hélicoptère à contrer une vaste gamme de menaces, allant des petites embarcations sans équipage aux navires de guerre de taille équivalente à une corvette.
Au cours des mêmes essais, les équipages ont également testé la mitrailleuse M3M calibre .50 afin d’affiner les tactiques lors des combats rapprochés.
Ces essais sont considérés comme les plus complets jamais réalisés pour la Force Maritime Wildcat, validant les systèmes d’armes embarqués dans des conditions exigeantes et confirmant la préparation du LMM à un déploiement opérationnel.
L’exercice Wildfire s’est conclu par une démonstration aux alliés de l’OTAN, à un moment où les marines de l’alliance sont confrontées au défi croissant posé par les drones, qu’ils opèrent dans les airs, au-dessus ou sous la surface maritime, une problématique d’autant plus cruciale dans le contexte du conflit en Ukraine et de la situation stratégique en mer Noire.