La Royal Navy, en collaboration avec l’Imperial College London, a mené des essais en Arctique pour tester une technologie de navigation inertielle quantique, dans le cadre d’une stratégie visant à réduire la dépendance au GPS et à protéger les opérations militaires contre les perturbations par satellites.

Ces essais, réalisés à bord du navire MV Anvil Point, s’appuient sur une année de développements progressifs, alors que la marine britannique cherche à transformer des capteurs quantiques jusqu’alors confinés au laboratoire en systèmes maritimes opérationnels. Cette technologie utilise le comportement ondulatoire d’atomes ultra-froids pour mesurer le mouvement, permettant ainsi au bâtiment de déterminer sa position sans recourir à des signaux externes. L’objectif est d’offrir une résistance accrue face aux brouillages, falsifications et obstacles environnementaux qui affectent régulièrement la navigation par satellite dans des zones contestées.

Le Dr Joseph Cotter, responsable du développement au sein des départements de Physique et des Matériaux d’Imperial College, a expliqué que le passage à un contexte maritime vise à confronter le système aux conditions réelles d’utilisation navale. « En laboratoire, nos capteurs quantiques fonctionnent extrêmement bien, ce qui nous rend très optimistes quant à leur potentiel pour la navigation inertielle. Les essais sur le terrain en Arctique nous permettent d’évaluer leurs performances dans des environnements imprévisibles et de déterminer les améliorations nécessaires pour les rendre résistants aux chocs et fiables en conditions maritimes. »

Le programme bénéficie du soutien du Disruptive Capabilities and Technologies Office (DCTO) de la Royal Navy. Le Commandant Matt Steele, responsable technologie future au DCTO, a indiqué que ces essais représentent une étape importante vers une solution déployable. « Cette expérience s’appuie sur des essais précédents en mer, utilisant notamment la flotte RoRo et le module quantique Navy POD du DCTO, qui ont permis un développement itératif et des améliorations sensibles des capteurs. Le DCTO se réjouit de poursuivre cette collaboration à long terme avec l’Imperial College London, en vue de développer un prototype de système inertiel indépendant du GNSS et de démontrer les avantages opérationnels du quantique pour la Royal Navy. »

Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant à garantir une navigation et un chronométrage sûrs, indépendants des signaux spatiaux. La Royal Navy expérimente en parallèle plusieurs technologies : des systèmes à atomes froids de Aquark Technologies sur le HMS Pursuer, un magnétomètre optiquement pompé de l’Université du Sussex déployé sur un navire du Hydrographic Exploitation Group, ainsi que l’horloge atomique optique Tiqker développée par Infleqtion embarquée sur le sous-marin autonome XV Excalibur. Ce déploiement de Tiqker constitue une première utilisation en mer d’une horloge optique sur une plateforme submergée.

Le Professeur Peter Haynes, provost et vice-président de l’Imperial College, a souligné la portée stratégique de ce travail : « Ces capteurs quantiques sont une démonstration remarquable de physique, d’ingénierie, de collaboration et de travail acharné. Les essais sur le terrain illustrent comment les innovations en technologie quantique pourraient transformer notre quotidien. Le partenariat avec la Royal Navy et Transport for London reflète les ambitions du gouvernement britannique de construire une économie et une société résilientes, sécurisées, et habilitées par le quantique. »