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Le sous-marin d’attaque nucléaire de la Royal Navy, le HMS Anson, est récemment retourné à sa base écossaise, laissant pour l’instant les eaux proches du Royaume-Uni sans aucun sous-marin d’attaque en patrouille. Cette situation signifie que les navires de surface britanniques ne bénéficient actuellement d’aucune protection sous-marine nationale face aux menaces potentielles.

Un ancien officier supérieur a qualifié cette situation de « honteuse » et de véritable « désastre », résultat de plusieurs années de mauvaise planification. Les cinq sous-marins d’attaque nucléaire de classe Astute sont censés jouer un rôle crucial dans la défense du Groupe d’attaque porte-avions, actuellement déployé dans la région indo-pacifique, notamment en coopération avec l’Australie.

On sait que la Marine américaine assure la protection sous-marine du porte-avions britannique HMS Prince of Wales. Pourtant, deux des sous-marins Astute n’ont pas appareillé depuis plus de deux ans, un autre est en cours de maintenance à Plymouth et un cinquième se trouve à sec dans un bassin de radoub. Par ailleurs, il est peu probable que le sixième sous-marin en construction soit opérationnel avant au moins 18 mois.

Les quatre sous-marins britanniques de la classe Vanguard, armés d’armes nucléaires stratégiques, ne sont pas conçus pour engager des cibles sous-marines ou de surface. Un de ces sous-marins reste en permanence en mer pour assurer la dissuasion nucléaire.

Le contre-amiral Chris Parry, vétéran des Malouines, a déclaré : « Tout le programme nucléaire est un désastre. » Il ajoute : « Il est ridicule que nous ne puissions pas déployer un sous-marin d’attaque, ces derniers étant la seule véritable menace redoutée par les Russes et les Chinois. »

De son côté, la Royal Navy affirme que ses sous-marins « continuent d’être déployés dans le monde entier, protégeant les intérêts nationaux et assurant notre sécurité ».

Par ailleurs, le Royaume-Uni envisage de déployer une flotte de drones sous-marins autonomes, propulsés par intelligence artificielle, pour traquer les sous-marins russes dans ses eaux territoriales. Ces minisubmersibles peuvent rester immergés pendant plusieurs mois. Dans le cadre d’un nouveau système baptisé Lura, ces drones « éclairent » efficacement les océans afin de faciliter la détection des sous-marins ennemis.

Les récents incidents dans la mer Baltique, ayant entraîné des dommages sur des câbles électriques, des liaisons télécoms et des gazoducs, sont notamment attribués à la Russie depuis son invasion de l’Ukraine. Ces événements sensibilisent davantage à la nécessité d’une surveillance accrue des infrastructures sous-marines stratégiques.

Le secrétaire à la Défense, John Healey, avait déjà ordonné la mise en surface d’un sous-marin d’attaque de la Royal Navy après qu’un navire espion russe ait été repéré en train de « rôder » autour d’une infrastructure sous-marine britannique sensible. L’ambassadeur russe au Royaume-Uni n’a pas nié les accusations selon lesquelles Moscou aurait dissimulé des capteurs en eaux britanniques.

Le système Lura, développé par l’entreprise européenne de défense Helsing, repose sur une « constellation » de capteurs sous-marins qui analysent les données acoustiques. Cette technologie permet de différencier deux navires de même classe en détectant des variations subtiles dans leurs signatures sonores.