La Royal Navy a récemment testé de nouvelles technologies autonomes et sans équipage conçues pour renforcer ses capacités dans le domaine de la guerre numérique et de l’information.
L’exercice Trident Sprint 1, organisé à la Royal Marines Base (RMB) de Chivenor dans le Devon, a rassemblé pendant deux semaines des personnels de la Royal Navy, des spécialistes de la défense ainsi que des partenaires industriels. Ils ont expérimenté des navires sans équipage, des drones et des systèmes de commandement numériques.
Ce rassemblement constitue le premier d’une série d’exercices planifiés visant à accélérer l’intégration des systèmes numériques et de l’intelligence artificielle dans la marine britannique, dans le cadre des objectifs Hybrid Warfighting Readiness du programme RN2029.
Durant ces essais, des navires de surface sans équipage (USV) tels que le Vandal et le Kraken Scout ont été télécommandés depuis plus de 150 miles nautiques. Le Kraken, opérait depuis Portsmouth mais était contrôlé depuis Chivenor, et il a été intégré en moins de deux jours à un réseau numérique étendu. Le Vandal a, quant à lui, été piloté à distance dans les eaux galloises. Ces démonstrations ont confirmé le potentiel de ces plateformes dans des missions de logistique, de surveillance, de frappe et de recherche et sauvetage.
Le Commodore Jason Strutt, responsable de Navy Digital, a souligné que l’exercice dépassait la simple expérimentation technologique : « Il ne s’agit pas uniquement de technologie. Nous adoptons une démarche multidisciplinaire qui rassemble diverses expertises pour renforcer nos fondations numériques et ainsi gagner en agilité, résilience, adaptabilité et évolutivité dans l’ensemble des opérations ».
Le Second Sea Lord, l’Amiral Paul Beattie, a visité le site et qualifié ce test de jalon majeur dans l’accélération de l’intégration numérique au sein de la Royal Navy. « Cet événement marque le lancement d’une série de programmes temporisés visant à accélérer la mise en œuvre grâce à une infrastructure évolutive et une architecture commune, nous permettant d’évoluer à la vitesse des logiciels », a-t-il expliqué. « Il s’agit d’adopter la collaboration comme mode de fonctionnement par défaut, en rapprochant les problèmes numériques de toutes les composantes de la Royal Navy des solutions potentielles ».
Outre les plateformes autonomes, la Royal Navy a testé ses communications tactiques avec le système Strike Net, qui intègre plusieurs solutions pour garantir un fonctionnement continu dans des environnements dégradés, intermittents ou à faible bande passante (DDIL), sans dépendre des satellites. Un nouveau système anti-drones « On The Man » a également été évalué pour protéger aussi bien les actifs maritimes que terrestres.
Mal Crease, fondateur et directeur général de Kraken Technology Group, fournisseur du Kraken Scout, s’est dit « honoré de présenter sa plateforme maritime autonome phare au Second Sea Lord », précisant que Kraken était « opérationnel dès aujourd’hui et prêt à contribuer à la vision de la Royal Navy qui souhaite rendre les opérations sans équipage partout où c’est possible ».