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Dans un élan stratégique en faveur de l’initiative « Make in India », la Russie a accepté de transférer la technologie critique (ToT) pour la fabrication du système de missiles sol-air S-400 à une entreprise privée indienne, ouvrant la voie à une production locale dans le cadre de l’expansion ambitieuse de la couverture de défense aérienne de l’Armée de l’air indienne (IAF). Selon le Hindustan Times, cet accord porte sur cinq escadrons supplémentaires, dont au moins trois seront livrés directement par la Russie, tandis que deux seront produits sur le territoire indien, renforçant ainsi le bouclier de l’Inde contre les menaces aériennes venant du Pakistan et de la Chine.

Le S-400 Triumph, fleuron russe de la défense aérienne à longue portée, constitue déjà l’épine dorsale des défenses stratifiées de l’IAF depuis le contrat de 5,43 milliards de dollars signé en 2018 pour cinq escadrons — trois sont aujourd’hui opérationnels, les autres devant être livrés d’ici 2026. Cette nouvelle commande, estimée entre 4 et 5 milliards de dollars, répond à l’évolution des menaces après l’Opération Sindoor, où la portée d’engagement de 400 km du système a permis d’éliminer avec une grande efficacité les munitions à distance du Pakistan. « Ce transfert de technologie permettra d’industrialiser des sous-systèmes clés comme les missiles et les radars, réduisant ainsi les dépendances à l’importation et les délais », a déclaré un responsable du ministère de la Défense, soulignant le rôle du partenaire privé dans l’assemblage et l’intégration.

Selon le plan prévu, trois escadrons seront livrés directement depuis les usines Almaz-Antey à Moscou, assurant une induction rapide d’ici 2028 pour couvrir les secteurs de l’est du Ladakh et du Rajasthan. Les deux autres escadrons bénéficieront en revanche d’un transfert complet de la technologie pour la fabrication des missiles, confié à un consortium indien encore non révélé, qui pourra ainsi produire localement les intercepteurs longue portée 40N6E ainsi que les variantes 48N6. Ce modèle hybride consolide non seulement les chaînes d’approvisionnement, mais intègre également l’innovation privée, avec des co-entreprises envisageant des améliorations telles que des systèmes de guidage indigènes résistants aux leurres hypersoniques.

En complément de cette production, le fabricant du S-400, Almaz-Antey, accélère la mise en place d’un centre dédié à la maintenance, la réparation et la révision (MRO) en Inde, probablement sur le site de Bharat Dynamics Limited à Hyderabad. « Ce centre local permettra de gérer les révisions majeures, évitant aux escadrons des ruptures logistiques liées aux envois en Russie dans un contexte de sanctions et de tensions géopolitiques », a ajouté le responsable, reprenant les objectifs d’autonomie défendus par le Maréchal en chef de l’air V.R. Chaudhari lors du récent Aero India.