Sur plusieurs bases aériennes militaires russes, on observe désormais au sol des silhouettes peintes de bombardiers stratégiques Tu-95MS. Cette méthode est employée par l’armée russe comme une contre-mesure destinée à tromper les drones ukrainiens.
Des images satellites récentes, notamment celles de l’aéroport militaire d’Engels dans la région de Saratov où sont stationnés les Tu-95MS, ont attiré l’attention des experts en défense. Ceux-ci ont identifié l’utilisation de leurres instrumentaux, avec des peintures représentant des silhouettes d’avions directement sur le tarmac.
On relève notamment des tracés blancs délimitant la forme d’un appareil, parfois seulement esquissés, laissant penser à des leurres en cours de finition. L’ajout d’ombres pourrait améliorer le réalisme de ces dessins et rendre l’illusion plus convaincante.
Les images fournies par les satellites Planet Labs montrent clairement ces leurres bidimensionnels reproduisant fidèlement la silhouette caractéristique du bombardier quadrimoteur, avec même une peinture noire au niveau du poste de pilotage. À proximité, un deuxième dessin semble inachevé, soulignant un déploiement progressif de cette technique.
Il est possible que certains leurres soient composés de matériaux légers tels que des toiles ou des tissus, mais la faible épaisseur verticale laisse penser que la peinture est le moyen principal pour créer ces illusions visuelles.
Les spécialistes soulignent néanmoins que cette méthode est peu susceptible de duper les satellites d’observation spatiale, capables d’analyser avec précision les objets grâce à des capteurs avancés. En revanche, les drones, limités dans leurs capacités de détection, pourraient être induits en erreur par ces dessins au sol.
Parallèlement, la défense russe a adopté une autre contre-mesure originale : le recouvrement des avions par des pneus de voiture. Ces pneus sont placés sur le fuselage et les ailes du bombardier, offrant une protection supplémentaire contre les frappes des drones ukrainiens. Cette technique a été observée pour la première fois en août dernier, et confirmée par des images satellites ultérieures.
Enfin, de nouvelles structures ont été repérées sur certaines bases, destinées à protéger les avions contre les attaques de drones de type kamikaze. Ces hangars provisoires ou en phase d’essais sont composés de rangées de colonnes métalliques surmontées d’un treillis en forme de croix, couvrant les appareils au sol. Cette défense rappelle les cages métalliques utilisées en début de conflit pour protéger les véhicules terrestres lourds.
Face aux intrusions répétées de drones ukrainiens, les forces russes ont dû repositionner leurs appareils stratégiques loin de la ligne de front, à l’intérieur du pays, hors de portée immédiate des drones lancés depuis l’Ukraine. Toutefois, la menace de frappes de missiles incite à déployer systématiquement toute mesure de protection disponible.