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La Russie a récemment mis en place une unité spéciale d’intervention rapide entièrement équipée de drones de différents types. Pour soutenir cette initiative, Moscou a financé la création d’un centre de formation dédié à cette unité rapide sans pilote. À ce jour, ce centre a formé plus de 150 opérateurs polyvalents spécialisés dans les drones FPV (First Person View).

Cette information a été révélée par des journalistes de l’agence TASS au cours d’une interview avec le commandant de cette unité d’intervention rapide par drones, dont le nom et le grade n’ont pas été divulgués. Ses déclarations indiquent que les opérateurs ont été formés aux commandes de drones de reconnaissance traditionnels tout en développant des compétences techniques et ingénieriques approfondies.

« Notre formation se distingue de toutes les autres, car nous formons des spécialistes universels compétents dans l’utilisation des drones FPV, » a précisé le porte-parole à TASS.

Selon les données recueillies, chaque équipe est composée d’un opérateur FPV pilote du drone télécommandé, d’un opérateur de drone de reconnaissance chargé de la surveillance, d’un ingénieur en première ligne responsable de l’équipement en munitions du drone, ainsi que d’un spécialiste technique garantissant la stabilité de la liaison entre l’opérateur et le drone.

Le technicien assure également la réparation ou le réglage des systèmes de contrôle sur le terrain et peut modifier les fréquences de communication. Un représentant a indiqué à l’agence russe que « plus de cent cinquante opérateurs FPV polyvalents ont été formés ».

Polyvalence et adaptabilité

Lors d’un échange avec TASS, le commandant a souligné l’importance de l’interchangeabilité entre les membres des équipages lors des opérations de combat. Cette capacité est obtenue via une méthodologie spécifique.

« Il arrive qu’un membre de l’équipe soit blessé. Pourtant, il est impératif que la mission continue coûte que coûte. Si un équipier doit être évacué, le reste de l’équipe doit poursuivre la tâche en cours — beaucoup d’espoir repose sur cela. C’est pourquoi, la flexibilité est essentielle : chacun doit pouvoir remplacer l’autre à tout moment, » a expliqué le chef de détachement.

Selon ses propos, ces experts ne sont pas uniquement affectés à l’unité rapide sans pilote, mais interviennent également dans d’autres départements. Une communication constante est maintenue avec les spécialistes, qui bénéficient d’un soutien permanent de la part des techniciens et ingénieurs du ministère de la Défense.

Au sein du ministère russe de la Défense, cette équipe autonome d’intervention rapide joue un rôle clé dans l’une de ses divisions. Soutenue par la direction du ministère, elle a vu le jour à partir d’une initiative locale lancée à l’automne 2022.

Programme étatique de production de drones FPV

Financé par un programme gouvernemental, au moins 20 entreprises russes dédiées à la production de drones FPV bénéficient d’un appui financier important. Selon des intervenants, chaque atelier produit environ 1 000 drones FPV par jour.

Ces centres de production servent également de centres de formation pour les opérateurs de drones, permettant à la Russie de former une nouvelle génération de soldats experts en télépilotage. Ces soldats ne sont toutefois pas affectés à l’unité d’intervention rapide, mais intégrés dans diverses unités terrestres spécifiques.

Production de drones kamikazes Shahed-136 (Geran-2) : environ 100 unités par mois

Entre juillet et octobre 2023, la Russie a produit au moins 420 drones suicides Shahed-136 dans le cadre du projet Alabuga, soit une moyenne quotidienne d’environ 3,5 unités, ou près de 100 par mois.

Ces chiffres montrent que l’investissement russe dans ce projet de drones kamikazes reste modéré, même s’il a permis des avancées notables dans la production locale de certains composants clés.

Une analyse menée par The Long War Journal a permis d’établir ce constat à partir des numéros de série visibles sur les stabilisateurs des drones Shahed-136 russes observés dans des sources accessibles au public.

Le plan de production initial visait à fabriquer 1 332 drones Shahed-136 d’ici février 2024. À ce stade, le rythme ne permet pas de tenir cet objectif. Cependant, la Russie a démontré son aptitude à accélérer la fabrication de certains composants, notamment les structures aériennes, les systèmes de navigation et les ogives à bille de tungstène.