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La Russie a renforcé ses capacités de surveillance et de défense aérienne en déployant plusieurs systèmes radar avancés sur la base aérienne de Belbek, en Crimée. Ces installations couvrent un large périmètre, incluant une partie importante du sud de l’Ukraine, augmentant significativement la vigilance russe dans une zone stratégique.

Selon une analyse récente issue de sources OSINT, plusieurs radars modernes ont été installés autour de la base de Belbek proche de Sébastopol. Parmi ceux-ci figurent deux radars d’alerte précoce VHF 5Zh6U NEBO-U, un radar d’acquisition 96L6, un radar d’approche RSP-27 et un système de défense aérienne à courte portée Pantsir-S2.

Le radar 5Zh6U NEBO-U est le système clé déployé. Opérant sur la bande VHF (Très Haute Fréquence), il bénéficie de longueurs d’onde importantes qui facilitent la détection des cibles malgré de possibles obstacles physiques. Ce radar d’alerte précoce peut suivre simultanément plusieurs menaces, telles que missiles balistiques ou avions, fournissant des données précises sur leur vitesse, trajectoire et taille, ce qui renforce la collecte de renseignements tactiques sur l’environnement aérien.

Le radar 96L6 est un élément essentiel du réseau de défense aérienne. Il joue un rôle crucial dans la classification et l’identification des cibles, distinguant efficacement les avions civils, militaires et les missiles à partir de l’analyse des échos radar. Sa technologie avancée d’antenne à commande de phase permet un balayage rapide, tandis que son traitement numérique réduit les interférences, assurant un suivi précis.

La présence de ces systèmes radar est couplée à une activité militaire accrue à Belbek, suggérant un renforcement notable de la posture défensive russe en Crimée. Des observations récentes montrent la présence de divers avions de chasse et d’attaque, notamment plusieurs MiG-31, certains utilisés comme leurres peints sur les pistes pour tromper les capacités d’attaque ukrainiennes. Cette stratégie vise notamment à contrer les récentes livraisons ukrainiennes d’artillerie à longue portée telles que les missiles ATACMS et Storm Shadow.

Outre les leurres, le Kremlin a ordonné le déploiement de MiG-31 équipés de missiles hypersoniques Kinzhal, réalisant des patrouilles régulières au-dessus de la mer Noire. Ces opérations correspondent selon les experts à un double objectif : sécuriser le flanc sud-ouest russe et envoyer un signal fort face à la tension régionale, notamment concernant les conflits en Syrie et dans la bande de Gaza.

La menace principale pour les défenses russes en Crimée reste cependant le missile américain AGM-88 HARM, un missile anti-radar conçu pour neutraliser efficacement les systèmes de surveillance aérienne. Le déploiement récent des radars NEBO-U et 96L6 vise donc à détecter, suivre et contrer ce type d’engins qui facilitent les frappes ukrainiennes avec les Storm Shadow et ATACMS.

Selon les communiqués du ministère russe de la Défense, plusieurs missiles HARM ont été interceptés lors d’assauts ukrainiens, aux côtés de munitions ATACMS, JDAM et HIMARS. Ces succès attribués en partie à la protection assurée par les radars avancés illustrent l’importance stratégique de ces systèmes dans le dispositif de défense.

Complémentaires, les radars NEBO-U et 96L6 fournissent une surveillance optimale : le radar VHF NEBO-U assure une détection précoce tandis que le 96L6, grâce à sa précision élevée, améliore le suivi et la classification. Toutefois, l’interception d’un missile tel que l’AGM-88 HARM nécessite un ensemble intégré, comprenant non seulement ces radars mais aussi des systèmes antimissiles adaptés et d’autres contre-mesures.

En résumé, le déploiement de ces équipements radar et la présence accrue d’avions de chasse à la base de Belbek traduisent la volonté de Moscou de renforcer la sécurité aérienne en Crimée, protégeant la péninsule contre les menaces ukrainiennes et assurant une posture défensive renforcée dans une zone géostratégique sensible.