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Les forces russes ont intensifié leurs attaques dans l’est de l’Ukraine, notamment autour des villes stratégiques de Bakhmut et Avdiivka, dans une tentative de regagner du terrain sur la ligne de front.

Selon des responsables militaires ukrainiens, Moscou a lancé une offensive visant à reprendre des positions près de Bakhmut, cité minière de l’est, qui a connu la bataille la plus violente du conflit avant sa chute aux mains des Russes en mai dernier. Le chef des forces terrestres ukrainiennes a indiqué sur Telegram que l’armée ukrainienne avait, depuis le lancement de sa contre-offensive estivale, repris les hauteurs alentour et progressé à l’ouest, au nord, ainsi qu’au sud de la ville.

« À Bakhmut, les Russes sont devenus plus actifs et tentent de reconquérir des positions perdues précédemment. Les attaques ennemies sont repoussées », a précisé le colonel général Oleksandr Syrskyi dans une mise à jour dimanche soir.

Du côté russe, un porte-parole du ministère de la Défense a affirmé que les forces russes avaient repoussé cinq attaques ukrainiennes la veille près de Klischiivka et Kurdyumivka, deux localités situées au sud de Bakhmut. Le lieutenant-général Igor Konashenkov a tenu ces propos lors de sa conférence de presse régulière.

La contre-offensive ukrainienne, attendue de longue date, n’a jusqu’à présent conduit qu’à des avancées progressives accompagnées de lourdes pertes. Les troupes ukrainiennes peinent notamment à percer les lignes russes dans le sud du pays. Parallèlement, les forces de Moscou ont cherché à progresser dans le nord-est, vraisemblablement pour distraire Kiev et limiter le transfert de renforts ukrainiens vers les secteurs clés du sud et de l’est.

L’état-major ukrainien a également indiqué que les troupes russes poursuivaient depuis une semaine une manoeuvre visant à encercler Avdiivka, bastion ukrainien situé au sud de Bakhmut. Ce dernier est considéré comme un objectif majeur depuis le début du conflit, représentant la porte d’entrée vers les zones de Donetsk encore contrôlées par Kiev. L’armée de l’air russe joue un rôle déterminant dans cette offensive récente.

Le général Oleksandr Tarnavskyi, commandant les forces ukrainiennes autour d’Avdiivka, a rapporté dimanche une intensification des frappes aériennes russes, notamment des attaques avec des bombes guidées. Sur Telegram, il a indiqué que les forces adverses avaient lancé 30 frappes aériennes et tiré 712 obus d’artillerie sur la ville et ses environs au cours des dernières 24 heures, accompagnées d’environ 50 engagements directs contre les unités ukrainiennes.

Par ailleurs, les services de renseignement ukrainiens ont revendiqué une puissante explosion survenue samedi dans le sud du territoire occupé, qui aurait causé la mort d’au moins trois officiers de la force militaire intérieure russe. La Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense (GUR) a qualifié cet événement de « acte de vengeance perpétré par des membres du mouvement de résistance local ».

Selon le communiqué, l’explosion a touché le quartier général des autorités d’occupation russe dans la ville de Melitopol, lors d’une réunion réunissant des officiers de la Garde nationale russe et des agents du FSB, principal service de sécurité russe. Melitopol, située dans la région de Zaporizhzhia, a été rapidement occupée par les forces russes au début du conflit et se trouve désormais loin derrière la ligne de front sud, malgré la contre-offensive ukrainienne toujours en cours dans cette région.

Les autorités russes n’ont pas immédiatement réagi à ces allégations, qui n’ont pu être vérifiées de façon indépendante. Cette opération s’ajoute à une série d’incidents récents, notamment le déraillement de plus d’une douzaine de wagons de fret dans la région de Riazan, dans l’ouest de la Russie, causé samedi dernier par un engin explosif improvisé.

Les enquêteurs russes ont indiqué que 19 wagons en provenance de Rybnoye avaient déraillé, dont 15 ont été endommagés. Une enquête pour terrorisme a été ouverte. Des sources anonymes du GUR ont par ailleurs confirmé la probable responsabilité du service ukrainien dans cet acte.

Dans le sud de l’Ukraine, à Kherson, un homme de 64 ans a été tué dimanche après qu’un obus russe a frappé son jardin, a rapporté le gouverneur régional Oleksandr Prokudin. Sa femme a été hospitalisée pour des blessures graves, notamment une fracture du crâne et des traumatismes aux jambes causés par des éclats d’obus.

Le gouverneur a indiqué que les forces russes avaient bombardé Kherson et ses environs 62 fois au cours des dernières 24 heures, blessant quatre civils et endommageant une bibliothèque municipale. Prise par les forces ukrainiennes il y a un an, la ville est régulièrement la cible d’attaques russes presque quotidiennes.