D’ici 2027, la Russie prévoit d’acquérir plus de 1 000 missiles antiaériens longue portée 40N6 destinés aux systèmes S-400. Ces missiles sont déjà en service au sein de certaines unités, tandis que d’autres seront intégrés aux futures divisions de la défense antiaérienne sous l’autorité des Forces aérospatiales russes (VKS).
En juillet 2023, les « tests d’État conjoints » du missile 40N6 ont été déclarés réussis. Selon des sources russes, l’objectif est de déployer jusqu’à 56 divisions équipées de systèmes S-400 d’ici 2027.
Une menace importante pour l’Ukraine
Cette montée en puissance des capacités russes est perçue avec inquiétude en Ukraine. Le missile 40N6, capable de menacer l’aviation tactique ukrainienne, vise à restreindre significativement son espace d’action. Le commandant en chef des forces ukrainiennes, Valeriy Zaluzhny, a fait allusion à ce danger dans un entretien, soulignant que les défenses antiaériennes russes pourraient « bloquer » l’espace aérien jusqu’au fleuve Dniepr, limitant les possibilités d’emploi des F-16 sur ce théâtre.
Le missile 40N6 : un arsenal redoutable
Le 40N6 se distingue par sa portée impressionnante : jusqu’à 380 kilomètres contre des cibles aérodynamiques et 15 kilomètres pour les cibles balistiques, avec une portée minimale de tir de 5 kilomètres. Ce missile pèse 1,8 tonne au lancement et mesure 7,8 mètres de long. Basé sur une architecture à deux étages, il peut atteindre une vitesse maximale de 4 300 km/h.
Son système de guidage est mixte, combinant des modes actif et semi-actif. Lors de la phase de vol, le mode semi-actif capte des signaux radar réfléchis, tandis que le mode actif s’active en phase terminale pour assurer un ciblage précis.
Une coordination avec l’avion radar A-50U
Les autorités russes indiquent que l’avion de surveillance radar A-50U a été adapté pour désigner des cibles aux missiles 40N6 déployés par les systèmes S-400. Le processus semble fonctionner ainsi : l’A-50U détecte la cible, puis le missile verrouille automatiquement cette dernière avant l’engagement.
Cette interaction souligne le niveau élevé de menace que représente le système S-400 couplé au missile 40N6, posant un défi stratégique majeur, notamment face aux forces aériennes ukrainiennes qui manquent encore des moyens nécessaires pour riposter efficacement.
Renforcement de la production à Moscou
Une nouvelle usine a été inaugurée dans le parc industriel de Rudnevo, près de Moscou. Cette installation sera confiée au groupe Almaz-Antey, principal fabricant des systèmes de défense aérienne russes S-400 et S-500. Contrairement à un simple transfert d’activités, ce site vise à accroître considérablement les capacités de production de ces complexes stratégiques.
En moins de neuf mois, le bâtiment a été construit en s’appuyant sur des kits industriels locaux, ce qui témoigne d’une organisation industrielle efficace. Selon des informations en provenance de Moscou, l’usine sert aujourd’hui principalement à l’assemblage de composants essentiels du système S-400.
Les opérations de production complètes, incluant des tests soumis au contrôle du ministère russe de la Défense, seront centralisées dans ce nouveau complexe.
Une production de masse à venir, mais pas encore opérationnelle
Dans le débat médiatique ukrainien, la mise en place de cette nouvelle usine suscite des questions quant à son efficacité immédiate. Si la construction du bâtiment est achevée, l’installation et la mise en service de la chaîne de production sont encore en cours, retardant ainsi le démarrage de la production de masse.
Il est aussi envisagé que cette capacité industrielle ne se limite pas à la fabrication du seul S-400, mais puisse s’étendre à d’autres systèmes d’armement, renforçant ainsi la posture stratégique russe dans le domaine de la défense antiaérienne.