La présence navale russe en Méditerranée diminue nettement, freinée par la perte de son principal port d’attache en Syrie et par des pressions accrues dans d’autres zones géopolitiques. Selon des sources de l’OTAN, cette réduction résulte à la fois de difficultés opérationnelles et de contraintes stratégiques affectant la Marine russe.
Depuis plusieurs mois, Moscou fait face à une baisse significative de son activité navale dans la région méditerranéenne. Un responsable de l’Alliance, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indique que seuls quelques bâtiments russes y opèrent en moyenne, témoignant d’une présence largement réduite par rapport aux années précédentes.
« La Marine russe, déjà limitée dans ses capacités d’organisation et de déploiement, traverse actuellement des défis importants qui affectent sa posture en Méditerranée », souligne ce responsable. Deux facteurs majeurs sont évoqués : la perte du port stratégique de Tartous en Syrie et le renforcement de la présence de l’OTAN dans les zones baltique et nord-européenne.
Le nouveau gouvernement syrien a en effet mis fin en janvier à un accord de longue date autorisant la stationnement des forces navales russes dans le pays. Le port de Tartous, loué à Moscou depuis 1971 dans le cadre d’un accord entre l’Union soviétique et la Syrie, constituait depuis plusieurs décennies la principale base russe de ravitaillement en Méditerranée.
Privée de ce relais essentiel, la Marine russe voit sa capacité à maintenir des opérations de longue durée gravement affectée. « Sans cette base, un sous-marin de classe Kilo, par exemple, doit être déployé depuis des ports très éloignés, situés dans le nord ou la Baltique. Cela complique grandement la tenue des opérations », explique le représentant de l’OTAN.
À la fin septembre, le sous-marin russe Novorossiysk (classe Kilo) a été repéré en surface près du détroit de Gibraltar, souffrant de plusieurs problèmes techniques liés à une fuite. L’appareil s’est ensuite dirigé vers la mer Baltique pour y être réparé.
En Méditerranée, le port russe le plus proche reste Novorossiysk, sur la mer Noire, mais son accès nécessite de franchir plusieurs détroits contrôlés par la Turquie. Par ailleurs, le Kremlin possède également le port de Baltiysk, dans l’enclave de Kaliningrad (mer Baltique), mais sa liaison avec la Méditerranée implique des trajets longs et compliqués.
La réduction de l’influence russe en Méditerranée coïncide avec un recentrage des efforts vers la Baltique, où l’OTAN a entrepris un déploiement massif. Au début de l’année, l’Alliance a lancé la mission Baltic Sentinel, destinée à sécuriser les infrastructures sous-marines critiques et à renforcer la surveillance maritime par le déploiement de frégates, d’avions de patrouille, de drones et de systèmes nationaux de contrôle.
« La Russie tente de répondre à cette présence renforcée en mobilisant davantage de ressources pour protéger ses intérêts et ses voies maritimes dans ces eaux », rapporte le représentant de l’OTAN.
La Marine russe ne communique pas officiellement sur le nombre de ses navires. Toutefois, selon un rapport publié cette année par l’Institut international d’études stratégiques, la Flotte de la Baltique compte environ 69 unités, incluant des navires de petite taille et des bâtiments auxiliaires.
Vladislav V.