La Russie présente ses nouveaux robots terrestres FPV, conçus pour détruire les obstacles anticavaliers « dents de dragon ». Ces systèmes robotiques multifonctions ont été développés pour faciliter la progression des véhicules blindés en neutralisant des fortifications ennemies, une avancée annoncée récemment par Rostec, le groupe public russe spécialisé dans l’armement.
Le holding High-Precision Complexes a dévoilé deux complexes robotiques nommés Depesha et Buggy, capables d’éliminer efficacement les troupes, le matériel et les obstacles défensifs appelés « dents de dragon ». Ces machines, de conception compacte et maniable, se distinguent par leur capacité de charge : jusqu’à 150 kg pour le Depesha, et 250 kg pour le Buggy, selon les informations fournies par la société. Elles sont conçues pour acheminer rapidement ravitaillements, munitions et carburant en première ligne, mais peuvent aussi évacuer des soldats blessés. En outre, ces robots sont en mesure de procéder à des opérations de minage du terrain.
Fonctionnement et contrôle
Le Depesha repose sur une plateforme à chenilles, télécommandée via un joystick et un casque FPV (First Person View) offrant une immersion visuelle à l’opérateur. Le Buggy, quant à lui, utilise une plateforme à roues et se pilote à distance à l’aide d’un joystick et d’une tablette tactile. Ces deux robots terrestres sont actuellement soumis à des essais intensifs, y compris dans la zone de l’opération militaire spéciale (SVO), selon Rostec.
Par ailleurs, le 24 avril dernier, le groupe Kalachnikov a présenté au ministère russe de la Défense de nouveaux drones : le microcopter Karakurt, le drone de reconnaissance aérienne SKAT 350M, ainsi que le système d’élévation Kvazimachta.
Le Karakurt est un micro-drones de reconnaissance particulièrement agile, capable d’être déployé dans des espaces confinés grâce à un conteneur compact servant de lanceur et de transporteur. Le SKAT 350M, lui, assure une surveillance aérienne 24 heures sur 24 dans les spectres optique et infrarouge, ayant démontré ses performances en conditions opérationnelles dans la zone SVO.
Le système Kvazimachta, destiné à liaisons rapides avec la station sol de traitement des données (GDS), se démarque par son câble d’alimentation facilitant une communication à haut débit. Il fonctionne également en mode silence radio pendant au moins 24 heures, avec une distance opérateur-drone pouvant atteindre 500 mètres.
Les spécialistes estiment que ces drones incarnent les orientations technologiques majeures du secteur de la défense russe, offrant des solutions opérationnelles adaptées à la mobilité stratégique, notamment sur le théâtre ukrainien.
Le gouvernement russe a lancé en juin 2023 sa Stratégie de développement de l’aviation sans pilote, ciblant une réalisation complète d’ici 2030, avec une hausse significative de la demande en systèmes drone indigènes. En décembre, lors d’une réunion au ministère de la Défense, le président Vladimir Poutine a souligné l’importance d’augmenter les effectifs en drones.
Début 2024, il a été confirmé que le ministère russe de la Défense a formé 3 500 opérateurs de drones FPV, un chiffre validé par les médias d’État. Parallèlement, la formation de 1 700 autres opérateurs est en cours pour d’autres types d’aéronefs sans pilote (UAV). Cette expansion s’appuie sur un réseau de plus de 800 institutions éducatives et la création de plus de 1 500 nouvelles places de formation.
Ce développement témoigne de la volonté stratégique de Moscou d’améliorer significativement ses capacités en matière de drones pilotés en immersion directe (FPV), soulignant l’importance accordée à la formation des personnels dédiés à ce domaine.