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En 2019, une équipe des Navy SEALs, plus précisément la SEAL Team 6, a infiltré la Corée du Nord lors d’une mission secrète visant à installer un dispositif d’écoute électronique. Cette opération ambitieuse a tourné au fiasco après une rencontre inattendue avec des civils, forçant les forces d’élite américaines à interrompre leur intervention.

La mission, autorisée par l’administration Trump dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Pyongyang, avait pour objectif de recueillir des renseignements sensibles avant un sommet diplomatique crucial prévu à Hanoi. Les SEALs, membres du Red Squadron de la Navy Special Warfare Development Group – la même unité qui avait éliminé Oussama Ben Laden – devaient s’infiltrer discrètement sur une côte isolée de la Corée du Nord pour y placer un dispositif interceptant les communications de Kim Jong-Un.

Cette opération, orchestrée par le Joint Special Operations Command, impliquait l’usage coordonné d’un sous-marin de la marine américaine, de mini-sous-marins pour le déploiement des commandos, de la SEAL Team 6, de la SEAL Delivery Vehicle Team 1, ainsi que d’autres ressources navales et aériennes destinées à soutenir et sécuriser la mission.

Conditions extrêmes et imprévus
En raison de la vigilance extrême des services de sécurité nord-coréens, les forces américaines ont dû agir sans appui aérien ni drone, plongées dans une quasi-obscurité tactique. Arrivés à environ 90 mètres du rivage, les opérateurs ont nagé pour s’approcher de la plage, en repérant parfois l’environnement à la surface.

Cependant, un petit bateau transportant trois personnes en combinaisons de plongée occupait déjà le site d’atterrissage prévu. Lorsque les SEALs ont été repérés, le chef d’équipe a ouvert le feu, suivi par les autres membres de l’unité. Les trois hommes à bord du bateau, identifiés par la suite comme des pêcheurs civils, ont été tués. Les corps ont été coulés en mer pour éviter toute découverte, avant que l’équipe ne se retire vers le sous-marin.

Ni Pyongyang ni Washington n’ont jamais confirmé publiquement cette opération ratée. Le sommet entre Kim Jong-Un et Donald Trump a cependant eu lieu comme prévu fin février 2019 à Hanoi, puis de nouveau à l’été suivant dans la zone démilitarisée coréenne.

Après l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, une enquête interne a été ouverte en 2021 à la demande du président et de son secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Les responsables du Congrès américain ont été informés des résultats de cette investigation.

Par ailleurs, il a été révélé qu’une autre infiltration de SEALs en Corée du Nord avait eu lieu en 2005 sous la présidence de George W. Bush, illustrant l’antériorité et la complexité des opérations spéciales américaines dans la péninsule coréenne.

À ce jour, la Corée du Nord poursuit son programme nucléaire, disposant vraisemblablement de plusieurs dizaines d’armes nucléaires, renforçant ainsi l’importance stratégique de missions de renseignement telles que celle entreprise en 2019.