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La SETAF-AF a récemment créé la Direction des Capacités Avancées, une structure destinée à accélérer l’innovation, la maîtrise des données et l’acquisition rapide pour renforcer l’efficacité des opérations militaires modernes.

Basée à Vicenza, en Italie, la Southern European Task Force – Afrique (SETAF-AF) de l’armée américaine a inauguré le 5 janvier cette nouvelle direction, marquant une évolution stratégique dans l’intégration des technologies innovantes et des données opérationnelles. Remplaçant les anciennes initiatives, la Direction des Capacités Avancées (DCA) dépend directement du chef d’état-major de la SETAF-AF.

Centraliser innovation et données pour une meilleure prise de décision

La DCA regroupe les efforts liés à l’innovation et à l’analyse des données opérationnelles afin d’améliorer la prise de décision et de transformer les missions de la SETAF-AF. « C’est une grande avancée, nous nous développons », explique le lieutenant-colonel Nicholas R. Dubaz, chef de la branche innovation de la SETAF-AF. « Cette direction fusionne notre division innovation et l’équipe en charge des données opérationnelles. L’objectif est de dominer la prise de décision en exploitant davantage les données que nous utilisons quotidiennement pour exécuter nos missions. »

Au sein de cette direction, les nouvelles technologies sont intégrées, testées dans des conditions réelles, puis les résultats sont partagés avec les dirigeants de l’armée, les partenaires industriels et les entités définissant les procédures officielles.

« La DCA comprend une division innovation à temps plein dédiée à l’identification et à la mise en œuvre des nouvelles technologies, ainsi qu’une équipe spécialisée dans l’analyse et la gestion de l’information », précise le lieutenant-colonel Dubaz.

Un rôle renforcé pour la technologie et la médecine militaire

Le lieutenant-colonel Armand L. Balboni occupe le nouveau poste de conseiller scientifique et technologique et est également chef adjoint de la branche innovation. « Je cumule deux responsabilités, détaille-t-il. Je contribue à la gestion de la direction et veille à ce que l’innovation médicale soit pleinement intégrée. Innover ne concerne pas uniquement l’acquisition de technologies, mais aussi l’interface entre l’homme et la technologie, le commandement et le contrôle, ainsi que la fonctionnalité des systèmes dans des opérations complexes. »

Fort d’une expérience importante en acquisition et technologie, Armand Balboni souligne : « J’ai passé quatorze ans en service actif à évaluer et acquérir de nouvelles technologies, complétés par une expérience dans le secteur privé comme PDG d’une société technologique. Je suis aujourd’hui réserviste et professeur à l’Académie de l’US Air Force tout en soutenant des missions opérationnelles. »

La DCA comprend aussi des officiers et spécialistes chargés de l’intégration opérationnelle, de la coordination interne, des relations extérieures et de l’acquisition.

« Un atout majeur est la présence d’un représentant permanent du Global Tactical Acquisition Directorate, en liaison directe avec le Secrétaire adjoint à l’Armée pour l’Acquisition, la Logistique et la Technologie », ajoute Dubaz. « Ce lien facilite des procédures d’achat plus rapides et adaptatives. »

Une montée en puissance lors de l’exercice African Lion 2026

La DCA assurera l’appui à l’innovation lors de l’exercice African Lion 2026, la plus grande manœuvre interarmées annuelle du Commandement Afrique des États-Unis (AFRICOM), qui se tiendra du 20 avril au 8 mai. Cet exercice réunit plus de 5 600 civils et militaires issus de plus de 30 nations et vise à valider les unités et systèmes dans des conditions proches du champ de bataille.

« African Lion est le moment où l’innovation rencontre la réalité », insiste Dubaz. « Nous pouvons intégrer des technologies avancées dans l’exercice, mais si nous ne collectons pas de données, n’évaluons pas ce qui fonctionne ou non, alors notre mission est un échec. »

Les soldats utilisent directement plus de 45 technologies dans trois scénarios opérationnels : la défense en profondeur, l’attaque en profondeur et la contre-attaque.

Parmi les technologies testées figurent les systèmes aériens sans pilote et leurs contre-mesures, les munitions en loitering (munition flânante) ainsi que les systèmes terrestres autonomes destinés au franchissement d’obstacles et à la mise en place de dispositifs. Par ailleurs, des architectures avancées de commandement et contrôle, capables de fusionner les données des capteurs en un unique tableau de bord opérationnel commun, font également l’objet d’essais.

Ces évaluations alimentent directement les décisions de l’armée concernant la doctrine, les acquisitions et les investissements futurs.

« Pour de nombreux partenaires industriels, c’est la première fois que leur technologie est soumise à des opérations réelles », souligne Dubaz. « Chaleur, poussière, guerre électronique, charges lourdes et chaos du champ de bataille mettent en évidence des forces et des faiblesses qu’aucun laboratoire ne peut reproduire. »

Une approche itérative pour une innovation efficace sur le terrain

La DCA adopte une méthode itérative : elle collecte et analyse continuellement les données, évalue les performances technologiques et met rapidement à jour ses recommandations. Cette approche garantit que les enseignements tirés se traduisent par des améliorations concrètes et utilisables sur le terrain.

« Ce qui fonctionne en laboratoire peut ne pas être efficace dans le désert, sous le feu ou avec des soldats lourdement chargés et évoluant dans des environnements dégradés », explique Dubaz. « Notre mission est de fournir un retour d’expérience permettant à l’industrie de développer des systèmes fiables quand cela compte vraiment. »

Au cœur des objectifs, la DCA vise à combler le fossé entre le potentiel technologique et la réalité du champ de bataille, en accélérant le rythme des déploiements d’équipements adaptés aux conflits modernes.

« Le cycle d’acquisition traditionnel est long », constate Balboni. « Nous cherchons à réduire ce délai afin d’amener rapidement aux soldats les capacités indispensables pour faire la différence. »

En intégrant innovation, analyse des données, évaluation et acquisition, la SETAF-AF positionne sa Direction des Capacités Avancées pour offrir des décisions plus rapides, des investissements plus pertinents et des capacités opérationnelles renforcées sur les théâtres d’Europe et d’Afrique.