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La Space Force américaine va désormais nommer ses armes, systèmes de communication et dispositifs spatiaux selon des thèmes variés, allant de la mythologie nordique aux fantômes.

Ces nouvelles conventions ont été présentées jeudi sous forme d’œuvres graphiques colorées, inspirées de jeux de cartes comme Magic : The Gathering ou Yu-Gi-Oh. Le général Chance Saltzman, chef des opérations spatiales, a dévoilé ces thématiques lors de son discours principal à la conférence Spacepower 2025 organisée par la Space Force Association. L’objectif est d’offrir aux gardiens des noms « populaires » pour chaque système, plus évocateurs que des désignations officielles parfois austères.

Les sept thèmes retenus sont les suivants :

  • Guerre orbitale : panthéon nordique
  • Guerre électromagnétique : serpents
  • Guerre cybernétique : créatures mythologiques
  • Guerre de navigation : requins
  • Communications par satellite : constellations
  • Alerte missile : sentinelles
  • Conscience du domaine spatial : fantômes

« Après de nombreux échanges et réflexions, nous avons choisi de représenter chacun de nos domaines opérationnels par une symbolique spécifique. Ces symboles évoquent le caractère des systèmes, l’importance de leur mission, et l’identité des Guardians qui les utilisent », a expliqué le général Saltzman.

Selon ses dires, les gardiens de la Space Force ont largement contribué à la sélection de ces thèmes. L’armée spatiale a également veillé à éviter tout problème de propriété intellectuelle. « Nous devions choisir des catégories libres, comme les fantômes, les constellations, ou d’autres éléments que personne ne pourrait revendiquer », a-t-il précisé. Ainsi, aucune référence directe à des univers protégés par des droits d’auteur, tels que Star Wars ou Star Trek, ne sera employée : pas de « Star Destroyer », « Borg » ou « Nostromo » dans la désignation des systèmes.

Le général a également détaillé la signification de certains noms. Le panthéon nordique incarne « le pouvoir et la domination propres à la guerre orbitale », tandis que les fantômes symbolisent « la présence silencieuse de la conscience du domaine spatial ». Le degré de précision des noms reste à définir, d’autant que la catégorie des fantômes est plus restreinte que celle des nombreux dieux nordiques, particulièrement avec l’exigence de respecter les droits d’auteur.

Cette nouvelle approche vise à renforcer le lien des gardiens avec leurs équipements et à rendre les systèmes plus facilement identifiables. La Space Force compare ce système de noms populaires à la tradition des autres armées, qui attribuent des surnoms évocateurs à leurs avions de chasse, comme « Super Hornet » pour le F/A-18 ou « Raptor » pour le F-22. Cette démarche symbolise une volonté de créer une identité propre à la Space Force. Après avoir récemment dévoilé son uniforme de cérémonie unique, elle veut désormais que ses plateformes d’armes et de communication soient tout aussi distinctives.

Certaines unités ont déjà adopté ces thèmes. Le 1er escadron d’opérations spatiales a ainsi baptisé son satellite de surveillance ORS-5 « Bifrost ». Dans la mythologie nordique, le Bifrost est le pont reliant la Terre au royaume des dieux ; le satellite évolue quant à lui en orbite basse terrestre.

Ces noms populaires interviennent environ deux ans après la mise en place des règles officielles de désignation par la Space Force. En 2023, l’armée spatiale a adopté un système de codes à deux lettres : la première indique le rôle du système (par exemple, « E » pour guerre électromagnétique), la seconde précise sa zone d’opération (comme « T » pour systèmes terrestres ou « L » pour orbite basse terrestre).

Actuellement, la Space Force déploie une combinaison de satellites en orbite ainsi que des capteurs et brouilleurs au sol. Elle exploite également l’avion spatial X-37B, qui effectue des missions de test en orbite.

Pour l’heure, il n’est pas précisé si d’autres thèmes viendront s’ajouter, ni si la Space Force proposera des « extensions » de ces thématiques sous forme de cartes à collectionner permettant aux gardiens d’identifier plus facilement chaque système.