Le général Upendra Dwivedi, chef de l’Armée de terre indienne, a affirmé vendredi que la théâtralisation — c’est-à-dire l’intégration des capacités de l’Armée de terre, de l’aviation et de la marine — finira par se concrétiser. La seule interrogation porte sur le délai nécessaire à sa mise en œuvre.
« Lorsque l’on doit coordonner plusieurs agences, la théâtralisation est la réponse », a-t-il déclaré. Le général Dwivedi s’exprimait lors d’une rencontre avec la presse à l’issue du lancement de l’ouvrage Operation Sindoor : The Untold Story of India’s Deep Strikes Inside Pakistan au Manekshaw Centre.
Interrogé sur sa position concernant la théâtralisation, alors que des opinions divergentes ont récemment émergé au sujet de ce projet, le chef de l’Armée a indiqué : « La théâtralisation arrivera, aujourd’hui ou demain. Il s’agit simplement de savoir combien de temps cela prendra. Nous devons franchir certaines étapes, notamment en matière de coopération interarmées et d’intégration. Beaucoup d’aspects restent à évoquer. »
Il a également développé les raisons de la nécessité de cette approche :
« Lorsqu’une bataille se déroule, l’Armée ne combat pas seule. Il y a la Force de sécurité des frontières (BSF) et la Police de la frontière indo-tibétaine (ITBP). Ensuite, viennent les trois forces armées, les agences cyberdéfense, les agences spatiales de défense, et désormais, on parle aussi des agences de guerre cognitive. D’autres entités sont impliquées : ISRO, la Défense civile, l’aviation civile, les chemins de fer, la NCC, ainsi que les administrations d’État et centrales…
« Pour coordonner toutes ces agences, la théâtralisation est la solution. L’unité de commandement est primordiale. Il faut un seul commandant pour assurer la synchronisation de l’exécution des opérations. La théâtralisation est absolument nécessaire. »
Ces déclarations interviennent moins de deux semaines après les prises de position des chefs des autres forces sur le sujet. Lors du séminaire interarmées de deux jours Ran Samwad, organisé le mois dernier à l’Académie de guerre de l’Armée à Mhow, le chef de l’Armée de l’air, le maréchal de l’air A. P. Singh, et l’amiral Dinesh K. Tripathi, chef de la marine, ont exprimé des avis divergents concernant l’instauration de commandes théâtrales.
Le chef de l’Armée de l’air avait souligné que les forces armées ne devaient pas subir de pressions pour déployer rapidement ces commandes.
Au cours de la session finale, le chef d’état-major de la défense, le général Anil Chauhan, avait quant à lui précisé que les « dissonances » au sein de l’armée sur la création de commandes tri-services seraient traitées en veillant avant tout à l’intérêt national.
Par ailleurs, le général Dwivedi a été interrogé sur sa perception de la récente réduction du taux de la taxe sur les biens et services (GST) applicable à plusieurs équipements et systèmes militaires. Remerciant le gouvernement, il a estimé que cette mesure donnerait un coup d’accélérateur significatif aux couloirs industriels de la défense. « Cela favorisera les investissements. Les PME et les start-ups, souvent limitées en financements, en bénéficieront grandement », a-t-il expliqué.
Le général a précisé que les forces armées se concentrent principalement sur trois axes : la recherche et développement, la formation et la modernisation. La baisse de la GST profitera à ces trois volets.
Le taux de taxe sur les équipements lourds a ainsi été réduit de 18 % à 5 %, ce qui, selon lui, facilitera les opérations de modernisation et de mise à niveau.
Concernant la réduction appliquée aux véhicules aériens sans pilote (UAV), il a souligné l’importance stratégique de cette décision : « Dans les conflits futurs, les drones, UAV et systèmes de contre-UAV joueront un rôle majeur. C’est donc une excellente nouvelle pour nous. »
Enfin, le général a été interrogé sur la situation le long de la ligne de contrôle (LoC) dans le contexte de l’Opération Sindoor. « Nous devons analyser les conséquences sur le long terme », a-t-il répondu.
« Le terrorisme soutenu par des États a-t-il cessé aujourd’hui ? Je ne le pense pas. Pourquoi ? Parce que les tentatives d’infiltration se poursuivent le long de la LoC. Le nombre de terroristes neutralisés, ainsi que ceux qui ont réussi à s’enfuir, est déjà rapporté par les médias », a-t-il ajouté.