La Turquie accélère ses avancées vers le combat aérien non habité. La société de défense Baykar a récemment effectué un vol en formation serrée avec deux chasseurs drones Kizilelma, seulement quelques semaines après avoir annoncé que la plateforme avait réussi le premier tir air-air lors d’un test en conditions réelles.

Le premier vol en formation serrée des Kizilelma par Baykar

Baykar a déclaré : « Première mondiale : vol autonome en formation serrée avec deux avions de combat sans pilote ». La société considère le Kizilelma comme un véritable avion de combat sans pilote, et non seulement un drone d’appoint. À ce jour, les États-Unis et la Chine ont déjà réalisé des vols en formation associant drones de combat et avions pilotés, mais en l’occurrence, ici, il s’agit de deux drones évoluant ensemble.

Une vidéo diffusée par Baykar montre deux Kizilelma décollant depuis une base aérienne et évoluant en formation serrée. Les manœuvres n’étaient pas complexes, se concentrant essentiellement sur un vol rapproché en ligne droite. Le retour des drones à leur point de départ est également visible.

Un point crucial du développement de cette nouvelle génération de véhicules aériens de combat sans pilote est leur autonomie. Le degré d’autonomie exact de ces appareils n’est pas confirmé, même si TRT World rapporte qu’ils étaient « totalement autonomes, sans intervention humaine ».

Le test a été réalisé au Centre d’Entraînement et d’Essais en Vol AKINCI, à Corlu, dans le nord-ouest de la Turquie. Les appareils engagés comprenaient les prototypes PT3 et PT5 du Kizilelma.

Baykar développe le Kizilelma avec ses propres ressources et présente ce drone comme une innovation majeure.

Conçu pour des missions air-air

Le mois dernier, Baykar expliquait que « la grande majorité des projets de drones de combat à travers le monde sont principalement conçus pour des missions air-sol ». La société affirme que le Kizilelma est le premier à démontrer une capacité de combat air-air.

Cette affirmation peut sembler discutable, car plusieurs drones alliés développés aux États-Unis, en Chine et en Allemagne intègrent également un rôle air-air dans leurs spécifications.

Parmi les concepts américains, on peut citer le X-Bat de Shield AI, présenté récemment comme un avion de combat autonome capable de décollage et d’atterrissage vertical.

La Turquie revendique plusieurs premières mondiales dans le développement de drones de combat (UCAV)

La Turquie s’est affirmée comme un acteur majeur sur le marché des drones de combat. En 2024, elle affirmait déjà avoir été la première à réaliser une figure de tonneau en vol avec un drone Bayraktar TB2.

Le pays est également en train de construire le premier porte-avions au monde dédié uniquement aux drones à grande échelle, le MUGEM. Avec un déplacement de 60 000 tonnes, ce porte-avions turc est comparable en taille aux bâtiments classiques hors États-Unis.

Fin novembre, Baykar a annoncé la première destruction confirmée dans l’histoire de l’aviation par un drone de combat non habité (le Kizilelma) d’une cible volante propulsée par un moteur à réaction, grâce à un missile air-air BVR (Beyond Visual Range) à longue portée.

Cette affirmation nécessite toutefois une mise en perspective. En effet, il est connu que les États-Unis équipent depuis des décennies leurs MQ-1 Predator de missiles air-air AIM-92 Stinger à guidage infrarouge. Un Predator aurait même tiré sur un MiG-25 Foxbat irakien vers 2002 avant d’être abattu à son tour.

Par ailleurs, un MQ-9 Reaper américain a abattu une cible drone avec un missile AIM-9X Sidewinder, et des tirs de MQ-9 contre des drones hutis ont été rapportés en 2024.

La question de « première » pourrait donc dépendre de la définition exacte de ce qu’est un « avion de combat sans pilote » et des critères retenus pour les UCAV.

Aaron Spray