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La Turquie a signé un contrat avec le Royaume-Uni pour l’acquisition de 20 avions Eurofighter Typhoon, pour un montant de 10,66 milliards de dollars. Ce contrat, qualifié comme « le plus important accord d’exportation d’avions de combat d’une génération » par le bureau du Premier ministre britannique, marque un tournant majeur dans les relations de défense entre les deux pays.

« Cet accord historique avec la Turquie est une victoire pour les travailleurs britanniques, pour notre industrie de défense et pour la sécurité de l’OTAN », a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer. « Aux deux extrémités de l’Europe, le Royaume-Uni et la Turquie jouent un rôle vital face aux défis actuels. Cet accord permettra à nos forces armées de renforcer leur collaboration pour dissuader les menaces et protéger nos intérêts nationaux ».

Le contrat a été conclu lundi lors d’une rencontre à Ankara entre Keir Starmer, en visite officielle pour la première fois dans la capitale turque, et le président Recep Tayyip Erdoğan. L’annonce a été faite par Starmer via une vidéo publiée sur le réseau X, où il apparaît devant des Eurofighter Typhoon.

Ce contrat confirme un protocole d’accord signé en juillet dernier à l’occasion du Salon international de l’industrie de défense d’Istanbul, prévoyant l’achat total de 40 avions de combat de quatrième génération.

Les négociations, qui ont duré plus de deux ans, avaient été freinées notamment par l’Allemagne, membre du consortium Eurofighter, en raison de préoccupations liées aux droits de l’homme et à d’autres tensions politiques entre alliés de l’OTAN. En novembre 2024, le ministre turc de la Défense, Yaşar Güler, avait toutefois indiqué que l’Allemagne avait finalement accepté de lever son opposition et d’autoriser la vente.

Le consortium Eurofighter réunit Airbus, BAE Systems et Leonardo, ainsi que les partenaires industriels de l’Italie, de l’Espagne et du Royaume-Uni, responsables de la conception et de la production du Typhoon.

« Cet accord turc représente un gain majeur pour le carnet de commandes britannique, constituant le plus important contrat d’avions de combat depuis près de vingt ans. Il assure la continuité de la chaîne de production à l’usine de Warton », indique le communiqué officiel du gouvernement britannique.

Le texte ajoute que cette vente « renforcera les capacités avancées de combat de la Turquie, consolidant ainsi la force de l’OTAN dans une région stratégique et améliorant l’interopérabilité entre nos deux forces aériennes ».

Dans une déclaration distincte, le consortium Eurofighter a qualifié cet accord de « pas significatif » marquant « l’entrée de la Turquie en tant que nation partenaire dans la communauté Eurofighter et la dixième nation à opérer le Typhoon ».

Cette collaboration vient renforcer la position du programme Eurofighter comme pilier majeur de la défense aérienne en Europe. La demande turque fait suite à plusieurs commandes récentes émanant de trois des quatre principaux pays du programme : l’Allemagne (20 appareils), l’Espagne (25 appareils) et l’Italie (24 appareils).

Cette annonce intervient quelques jours après la tournée du président Erdoğan dans les pays du Golfe Persique, où il a indiqué que la Turquie négociait également l’achat d’Eurofighter Typhoon d’occasion avec Oman et le Qatar. Ce projet reflète la volonté de la Turquie d’acquérir plusieurs dizaines d’avions avancés en attendant la mise en service de son avion de combat de cinquième génération KAAN, actuellement en développement national, qui devrait intégrer un moteur fabriqué localement ou importé, similaire à celui équipant notamment le F-16.

La production des avions destinés à la Turquie sera assurée par BAE Systems au Royaume-Uni, avec une première livraison prévue pour 2030. Ce contrat garantira environ 500 emplois à l’usine de Warton et bénéficiera également à l’usine de fabrication des fuselages avant à Samlesbury. De plus, plusieurs sites industriels européens participeront à la production des différentes sections des appareils.

Agnes Helou