Lors du sommet prévu le 25 septembre à la Maison-Blanche entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue américain Donald Trump, la Turquie ambitionne de conclure d’importants accords avec les géants de l’aéronautique Boeing et Lockheed Martin. Ces négociations portent notamment sur une commande majeure d’avions militaires et commerciaux.
Le dossier comprend la commande de 40 chasseurs furtifs F-35, 40 avions de combat F-16 Block 70 Viper, ainsi que la fourniture de diverses munitions, telles que bombes et missiles, d’après des responsables turcs proches des négociations, sous couvert d’anonymat.
Un contrat commercial d’envergure avec Boeing
La compagnie Turkish Airlines est en discussion pour l’achat d’environ 250 avions Boeing, essentiellement des 737 Max, accompagnés de 75 appareils long-courriers de type 787 Dreamliner. Ce contrat s’inscrit dans le cadre des ambitions turques visant à presque doubler la flotte aérienne nationale d’ici la prochaine décennie et à positionner Istanbul comme un hub aérien mondial capable de rivaliser avec Dubaï.
« Nous discutons d’une commande avec Boeing depuis un certain temps, mais aucune décision finale n’a encore été prise », a déclaré le porte-parole de Turkish Airlines, Yahya Ustun.
Cette future commande fait suite à un précédent accord conclu en 2023 entre Turkish Airlines et Airbus pour 230 appareils, dans le cadre d’une stratégie d’expansion impulsée par Erdogan pour renforcer la place de l’économie turque, d’une valeur de 900 milliards de dollars, sur la scène internationale.
Une résolution espérée du différend sur les F-35
Donald Trump s’est montré optimiste quant à une résolution prochaine du litige concernant les F-35, qui a tendu les relations au sein de l’OTAN après la décision de retirer la Turquie du programme, suite à son acquisition controversée du système russe de défense antiaérienne S-400.
« Nous travaillons sur de nombreux accords commerciaux et militaires avec le président, y compris un important achat d’avions Boeing, un gros contrat pour des F-16, ainsi que la poursuite des négociations autour du F-35, que nous espérons finaliser positivement », a affirmé Trump sur sa plateforme Truth Social.
« Le président Erdogan et moi-même avons toujours entretenu de très bonnes relations », a-t-il ajouté.
Des concessions possibles autour du système S-400
Les autorités turques ont indiqué que Trump pourrait demander des concessions concernant le système S-400 afin de permettre la reprise des achats de F-35. Ankara pourrait envisager la mise en place d’un mécanisme technique militaire destiné à superviser de manière contrôlée l’utilisation du S-400, tout en refusant de se départir totalement de ce système, selon les sources.
Les décideurs américains ont toujours maintenu que toute solution au différend concernant les F-35 dépendrait de l’abandon par la Turquie du système russe, ce qui avait entraîné l’imposition de sanctions du Congrès américain sous la loi CAATSA, visant notamment l’industrie de défense turque.
La vision stratégique d’Erdogan
Le président turc a souligné l’importance globale des discussions à venir dans un message diffusé sur les réseaux sociaux : « Lors de notre rencontre à la Maison-Blanche avec mon homologue et ami, le président des États-Unis Donald Trump, nous aborderons de nombreux sujets, incluant le commerce, l’investissement et l’industrie de défense, avec notre allié stratégique que sont les États-Unis. »
« Je suis convaincu que cette réunion contribuera à réduire les guerres et les conflits dans notre région, dans le cadre de notre vision commune pour une paix mondiale, et renforcera encore la coopération entre nos pays », a-t-il ajouté.
Calendrier et perspectives
Cette rencontre se tiendra juste après l’Assemblée générale annuelle des Nations unies (AGNU) à New York. Les autorités turques ont précisé que la visite vise à sécuriser des accords portant sur la défense mais aussi sur le secteur de l’énergie, d’une valeur totale atteignant plusieurs dizaines de milliards de dollars.
En juin dernier, l’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, avait déclaré à l’agence Anadolu qu’une résolution du différend relatif au F-35 pourrait intervenir d’ici la fin de l’année.
Par ailleurs, les actions de Boeing ont progressé de 22 % cette année, stimulées par des commandes d’avions qui constituent un axe majeur de la politique de Donald Trump pour réduire le déficit commercial américain.
Les négociations concernant l’achat des différents avions sont toujours en cours, le prix définitif des F-16 étant encore en discussion.