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Dans une confirmation forte de l’autonomie stratégique de l’Inde dans le secteur aéronautique, le président-directeur général de Hindustan Aeronautics Limited (HAL), le Dr D.K. Sunil, a confirmé que l’usine de Nashik, en pleine montée en puissance pour la production du Tejas Mk1A, basculera vers la fabrication du Tejas MkII à partir de 2032-33, une fois que l’avion aura obtenu sa certification opérationnelle complète. Cette évolution stratégique, annoncée lors des récents progrès de l’usine, positionne Nashik comme un pilier essentiel de la lignée des avions de combat légers (LCA), renforçant ainsi le renouvellement des escadrons de l’Indian Air Force (IAF) face aux menaces régionales grandissantes.

Ce dévoilement fait suite au premier vol réussi du premier Tejas Mk1A produit à Nashik, réalisé le 17 octobre. Dr Sunil a souligné que « l’usine de Nashik, notre troisième ligne de production dédiée au Tejas, est optimisée pour une production de grande série et pourra s’adapter aisément au MkII dès qu’il sera prêt », mettant en avant l’infrastructure modulaire du site. Inaugurée récemment par le ministre de la Défense Rajnath Singh, cette usine vient s’ajouter à celles de Bengaluru et à une autre ligne prévue pour porter la production totale de Tejas à 24 appareils par an d’ici à l’exercice 2026-27, contre seulement huit actuellement.

Le Tejas MkII, conçu comme un appareil de 4,5e génération issu de la cellule éprouvée du Mk1A, sera équipé d’un moteur GE F414-INS6, d’un radar à balayage électronique actif (AESA) Uttam développé localement et d’une avionique améliorée garantissant des capacités multirôles : supériorité aérienne, frappes au sol et guerre électronique. Son premier vol est attendu début 2027, avec un démarrage de la production initiale prévu entre 2030 et 2031. Ce nouveau standard promet des performances avancées telles que la capacité de supercroisière et une autonomie de combat d’environ 1 500 km, répondant ainsi aux exigences doctrinales de l’IAF face aux avions chinois J-20 et pakistanais JF-17. Dr Sunil a ajouté : « Nous sommes bien positionnés pour une production à pleine cadence ; le rôle de Nashik garantit l’absence de retards dans l’atteinte de 200 unités MkII, avec un contenu local à 100 % dès leur mise en service. »

Cette montée en puissance arrive à une période cruciale. L’IAF fait face à un déficit de 11 escadrons (31 en service contre 42 autorisés), et attend la livraison de 83 Tejas Mk1A d’ici 2029 pour combler les lacunes dans ses unités de première ligne. L’attribution à Nashik de la production du MkII, dans le cadre d’un contrat de 48 000 crores INR (environ 6 milliards d’euros) pour 180 appareils, permettra d’alléger la charge de Bengaluru et de favoriser un écosystème industriel réparti. « C’est la preuve de notre évolution, passant de la maintenance des MiG aux succès du Tejas », a conclu Dr Sunil. Il a également évoqué l’intérêt de cinq pays étrangers pour des exportations de Mk1A, lesquelles pourraient financer la recherche et développement autour du MkII.

Variante Caractéristiques clés Début de production Production annuelle à Nashik
Tejas Mk1A Radar AESA EL/M-2052, intégration du missile Astra En cours 8-16 appareils
Tejas MkII Radar AESA Uttam GaN, moteur F414, supercroisière 2032-33 12-18 appareils

L’usine HAL de Nashik, qui s’étend sur 200 acres et emploie près de 1 000 spécialistes, a déjà livré son premier Mk1A — le LA-5053 — destiné aux essais en vol par l’IAF, avec un vol réussi sans faille de 45 minutes. Malgré des défis persistants liés aux retards d’approvisionnement des moteurs auprès de General Electric, Dr Sunil les a relativisés : « Les chaînes logistiques se stabilisent ; nous sommes en bonne voie pour livrer 12 Mk1A d’ici à la fin de l’exercice 2026. » L’arrivée du MkII dynamisera également la synergie avec le secteur privé, notamment avec la participation de Tata et Mahindra pour la fourniture de composites et d’avionique.